Une nouvelle controverse éclabousse le ministère congolais de l’Intérieur. Elie Nkumbi, Coordonnateur au cabinet du Vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, de la Sécurité, de la Décentralisation et des Affaires coutumières, est cité comme principal auteur présumé d’un vaste système de monnayage des nominations lors de la récente mise en place au sein des commissariats de la Police Nationale Congolaise (PNC) dans la ville de Kinshasa.
Selon plusieurs sources contactées par notre rédaction, des officiers auraient été contraints de verser d’importantes sommes d’argent pour espérer figurer sur les listes de nomination. Certains montants dépasseraient les 3 000 dollars américains.
Une mise en place qui crée tensions et confusion
Au sein de la PNC Kinshasa, la situation décrite par plusieurs officiers est préoccupante. Des nominations jugées « fantaisistes » auraient provoqué un véritable désordre administratif, au point que plusieurs officiers se retrouveraient affectés au même poste.
« La confusion est totale. Pour certaines fonctions, jusqu’à quatre officiers ont été nommés simultanément. Cela crée des frustrations et bloque le fonctionnement normal des services », confie une source sous anonymat.
D’après les mêmes témoignages, Elie Nkumbi aurait imposé un système parallèle dans lequel les nominations dépendraient davantage des moyens financiers des candidats que des critères professionnels ou disciplinaires.
Dans cette affaire, plusieurs sources pointent aussi du doigt Nathan Ilunga, présenté comme proche collaborateur d’Elie Nkumbi, et qui serait chargé de collecter les fonds réclamés aux officiers concernés.
Ces accusations, qui restent à ce stade non confirmées officiellement, alimentent déjà un profond malaise dans les milieux sécuritaires et politiques de Kinshasa.
Des interrogations surgissent
Face à l’ampleur des dénonciations, plusieurs observateurs se demandent si le Vice-Premier ministre Jacquemain Shabani Lukoo est pleinement informé des pratiques reprochées à certains membres de son entourage immédiat, notamment les faits répétés de monsieur Elie Nkumbi.
« Le VPM bénéficie d’une confiance dans l’opinion, mais il devient urgent qu’il clarifie cette situation. Son image risque d’être sérieusement affectée si aucune mesure n’est prise », estime une source proche du dossier qui va loin jusqu’à penser à un probable envoûtement pour ne pas sanctionner l’incriminé.
Des accusations déjà anciennes
Les critiques visant Elie Nkumbi ne sont pas nouvelles. En décembre 2025 déjà, plusieurs cadres et militants de Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS) avaient publiquement demandé son éviction du cabinet du VPM.
À l’époque, certains membres du parti présidentiel l’accusaient de pratiques jugées incompatibles avec les exigences de sa fonction. Des proches de gouverneurs provinciaux dénonçaient également des sollicitations financières répétées effectuées, selon eux, « au nom du VPM ».
Silence des personnes mises en cause
Jusqu’à présent, toutes les tentatives de notre rédaction pour entrer en contact avec Elie Nkumbi afin d’obtenir sa version des faits sont restées sans réponse.
En attendant une éventuelle réaction, cette affaire continue d’alimenter les débats au sein de l’opinion publique et des services de sécurité de la capitale congolaise.
Ilunga Mubidi Oscar
