URGENT-RDC : les militaires du M23 ont-ils commencé leur retrait comme exigé par Washington ? Voici la situation de ce 16 juillet

Au lendemain de la date fixée par les États-Unis pour le début du retrait des forces soutenues par le Rwanda de l’est de la République démocratique du Congo, aucun changement significatif n’est observé sur le terrain.

Dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, les combattants de l’AFC/M23 demeurent présents sur leurs positions, tandis qu’aucun retrait officiel des Forces de défense rwandaises (RDF) n’a été confirmé.

Cette situation contraste avec les attentes suscitées par les efforts diplomatiques américains engagés depuis plusieurs semaines pour favoriser une désescalade du conflit.

Un processus diplomatique qui peine à produire des résultats

Le 3 juin, le secrétaire d’État américain Marco Rubio déclarait observer des avancées du côté rwandais, qu’il jugeait toutefois insuffisantes. Il disait espérer un retrait des troupes rwandaises de l’est de la RDC avant la mi-juillet, conformément aux engagements discutés dans le cadre des initiatives diplomatiques conduites par Washington.

Trois semaines plus tard, à Londres, les autorités rwandaises ont présenté un état d’avancement du processus de désengagement de leurs forces ainsi que de la levée de leurs mesures qualifiées de « défensives ».

Cependant, dès le lendemain de cette réunion, Washington a annoncé des sanctions contre Gasabo Gold et plusieurs entreprises rwandaises, accusées de participer au commerce illicite de minerais provenant des zones sous contrôle de l’AFC/M23.

Le 26 juin, devant le Conseil de sécurité des Nations unies, l’émissaire américain Massad Boulos a estimé que le Rwanda n’avait toujours pas retiré ses forces du territoire congolais. Dans le même temps, il a également considéré que la RDC n’avait pas suffisamment avancé dans le processus de neutralisation des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), une autre exigence inscrite dans les discussions diplomatiques.

Kigali et Kinshasa se renvoient la responsabilité

Interrogé par RFI, le ministre rwandais des Affaires étrangères, Olivier Nduhungirehe, a soutenu que les engagements pris dans le cadre du processus de paix étaient réciproques. Il a accusé la médiation américaine de manquer d’impartialité, estimant que les obligations de Kigali ne pouvaient être dissociées de celles incombant à Kinshasa.

De son côté, le porte-parole du gouvernement congolais, Patrick Muyaya, affirme que cinq des six principales zones où sont signalés les combattants des FDLR se trouvent aujourd’hui sous le contrôle de l’armée rwandaise et des rebelles de l’AFC/M23, ce qui, selon lui, complique toute opération de neutralisation.

Le 13 juillet, la France est également montée au créneau devant le Conseil de sécurité de l’ONU en demandant le retrait effectif des forces rwandaises du territoire congolais, tout en appelant le gouvernement congolais à poursuivre les efforts de neutralisation des FDLR.

À ce jour, chaque partie continue de conditionner la mise en œuvre de ses engagements au respect des obligations de l’autre. Par ailleurs, la première mission du mécanisme de vérification du cessez-le-feu, attendue par les États-Unis, n’a toujours pas été officiellement annoncée.

Sur le terrain, aucun retrait constaté

Au 16 juillet 2026, aucune source officielle n’a confirmé un retrait des combattants de l’AFC/M23 ou des Forces de défense rwandaises des zones qu’ils occupent dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.

Des observations réalisées dans plusieurs localités indiquent que les positions militaires restent globalement inchangées, tandis que les autorités congolaises n’ont annoncé aucune évolution majeure de la situation sécuritaire.

L’AFC/M23 dément toute intention de quitter les zones occupées

Alors que plusieurs publications sur les réseaux sociaux évoquaient un début de retrait, Benjamin Mbonipa, cadre de l’AFC/M23, a rejeté ces informations.

«« Les réseaux sociaux ont trompé les gens », a-t-il déclaré, affirmant que son mouvement n’avait pas l’intention de quitter les territoires qu’il contrôle.»

Cette déclaration renforce les interrogations sur la portée des engagements diplomatiques annoncés ces dernières semaines.

Washington face à un test diplomatique

L’absence de retrait à l’expiration du délai annoncé constitue un défi pour la diplomatie américaine, qui s’était fortement investie dans les discussions entre Kinshasa et Kigali.

À ce stade, les États-Unis n’ont pas encore annoncé de nouvelles mesures en réaction au non-respect apparent de l’échéance du 15 juillet. Plusieurs options restent néanmoins envisageables, notamment un renforcement de la pression diplomatique, de nouvelles sanctions ciblées ou la poursuite des négociations dans le cadre des mécanismes régionaux et internationaux.

Les populations civiles restent les premières victimes

Pendant que les discussions diplomatiques se poursuivent, les habitants de l’est de la RDC continuent de subir les conséquences du conflit. Les déplacements de populations, l’insécurité persistante, les difficultés d’accès à l’aide humanitaire et les violations des droits humains demeurent une réalité quotidienne dans plusieurs territoires du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.

L’attention est désormais tournée vers les prochaines décisions de Washington ainsi que vers les mécanismes internationaux chargés de vérifier le respect des engagements pris par les différentes parties. En attendant, la situation militaire reste globalement inchangée sur le terrain, malgré l’expiration de l’échéance fixée au 15 juillet.

Ilunga Mubidi Oscar

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