URGENT-RDC : À Goma, 55 parlementaires annoncent une « Assemblée nationale de l’espace libéré » en soutien à Joseph Kabila et au FRN

Une nouvelle initiative politique se dessine à Goma, chef-lieu du Nord-Kivu, autour du Front pour la Refondation de la Nation (FRN), dirigé par l’ancien président congolais Joseph Kabila Kabange.

Trente-cinq députés nationaux honoraires, cinq sénateurs honoraires et quinze députés provinciaux honoraires, soit 55 anciens parlementaires, ainsi que d’autres acteurs politiques, s’apprêtent à constituer une structure qu’ils présentent comme l’« Assemblée nationale de l’espace libéré par le FRN ».

Selon les informations communiquées par les initiateurs, ces personnalités, venues de différentes provinces de la République démocratique du Congo (RDC), entendent donner une nouvelle expression politique à leur engagement en faveur du FRN, dont elles soutiennent ouvertement les objectifs et le leadership.

Un regroupement politique affiche son soutien au FRN

Cette initiative est portée par un collectif de personnalités politiques qui vient de rendre publique une déclaration officielle dans laquelle il exprime son soutien total au Front pour la Refondation de la Nation et à son président, Joseph Kabila Kabange.

Les signataires affirment vouloir contribuer à la dynamique politique engagée autour de cette nouvelle plateforme, présentée comme un cadre de refondation nationale.

La démarche intervient dans un contexte particulièrement tendu, marqué par la poursuite de la crise sécuritaire dans l’Est du pays et par de profondes divergences politiques entre les partisans du pouvoir de Kinshasa et les acteurs qui soutiennent la nouvelle organisation.

Pour ses initiateurs, la mise en place de cette assemblée constituerait un moyen de fédérer plusieurs anciennes figures de la représentation parlementaire congolaise autour d’une orientation politique commune.

Toutefois, les contours précis de cette structure, notamment son organisation interne, ses responsables, son calendrier d’installation et ses modalités de fonctionnement, restent à préciser.

Une « Assemblée nationale » aux contours encore à clarifier

Malgré sa dénomination, cette structure annoncée ne doit pas être confondue avec l’Assemblée nationale de la République démocratique du Congo, institution parlementaire constitutionnelle.

Il s’agit, à ce stade, d’un projet de regroupement de personnalités politiques, principalement d’anciens parlementaires, qui entendent se constituer en assemblée dans l’espace présenté par leurs initiateurs comme libéré par le FRN.

Sa composition annoncée, avec 35 anciens députés nationaux, cinq anciens sénateurs et quinze anciens députés provinciaux, témoigne de la volonté de réunir des personnalités issues de différents niveaux de représentation politique.

Néanmoins, la présence de ces anciens élus au sein du collectif ne signifie pas, à elle seule, qu’ils bénéficient d’un mandat parlementaire en cours ou d’une reconnaissance institutionnelle officielle.

La portée politique réelle de cette initiative dépendra notamment de son élargissement, de son fonctionnement et de sa capacité à mobiliser d’autres acteurs congolais au-delà des personnalités déjà engagées.

Le FRN au cœur d’une nouvelle recomposition politique

L’annonce de cette initiative intervient quelques jours après la création du Front pour la Refondation de la Nation, proclamée à Goma le 12 octobre 2026 sous la direction de Joseph Kabila.

Dans sa déclaration politique, le nouveau mouvement affirme succéder à l’Alliance Fleuve Congo (AFC) et revendique une ambition de transformation politique à l’échelle nationale.

Le document fondateur du FRN présente notamment l’ancien président Joseph Kabila comme son dirigeant, avec Corneille Nangaa et Bertrand Bisimwa parmi les principaux responsables politiques, tandis que le général-major Emmanuel Sultani Makenga est présenté comme chef d’état-major général de l’Armée révolutionnaire congolaise.

Le mouvement affirme vouloir mettre fin au pouvoir de Kinshasa par différents moyens, y compris la force, selon les termes rapportés de sa déclaration politique.

Cette orientation inscrit sa création dans un contexte de conflit armé et de rivalités politiques majeures, alors que les efforts diplomatiques visant à obtenir une désescalade et une issue négociée à la crise congolaise restent au centre des préoccupations.

Des positions politiques fortement opposées

La naissance du FRN et les initiatives de soutien qui l’accompagnent suscitent des réactions contrastées au sein de la classe politique congolaise.

À Kinshasa, les présidents des 26 caucus provinciaux des députés nationaux ont publiquement rejeté la création du mouvement, accusant ses dirigeants de vouloir conquérir le pouvoir par la force.

D’autres acteurs politiques ont également pris leurs distances avec cette nouvelle organisation. Le Mouvement libéral de Thomas Luhaka a notamment déclaré ne participer ni à la création ni à l’organisation ou au fonctionnement du FRN, tout en privilégiant une solution politique pacifique à la crise.

Ces prises de position illustrent les divisions qui traversent actuellement le paysage politique congolais, entre les soutiens affichés au nouveau mouvement, les oppositions catégoriques et les acteurs qui continuent de plaider pour un dialogue inclusif.

Quels enjeux pour la suite ?

La constitution annoncée de cette « Assemblée nationale de l’espace libéré » pourrait ouvrir une nouvelle séquence dans la stratégie politique du FRN, en cherchant à renforcer son ancrage parmi les anciennes personnalités institutionnelles.

Mais plusieurs questions demeurent : quelle sera exactement la mission de cette assemblée ? Quels mécanismes de représentation entend-elle mettre en place ? Quelle place réservera-t-elle aux acteurs de la société civile et aux autres composantes de la population ? Et quelle sera sa relation avec les structures politiques et militaires du FRN ?

Au-delà des déclarations de soutien, les attentes des populations des zones affectées par les violences restent considérables : le retour de la paix, la sécurité, la libre circulation, la reprise des activités économiques et des conditions permettant aux déplacés et aux réfugiés de retrouver durablement leurs milieux d’origine.

Dans ce contexte, l’annonce de cette nouvelle structure politique à Goma constitue un développement à suivre de près, dont la portée nationale reste à mesurer.

Ilunga Mubidi Oscar

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