La spirale de l’insécurité continue de faire des victimes dans le territoire de Nyiragongo, au Nord-Kivu.
Dans la nuit du samedi au dimanche 14 décembre, au moins cinq civils ont été tués par balles dans des circonstances encore troubles, suscitant une vive inquiétude au sein de la population et de la société civile.
Une nuit sanglante aux contours encore flous
Selon des sources concordantes de la société civile locale, les victimes ont été retrouvées sans vie dans différentes entités du territoire de Nyiragongo. Des images circulant sur les réseaux sociaux montrent des corps gisant au sol, présentant des blessures par balles, laissant penser à des exécutions sommaires.
Jusqu’à présent, les circonstances exactes de ces meurtres demeurent inconnues. Aucun communiqué officiel n’a été publié pour éclairer l’opinion sur l’identité des auteurs ou les motivations derrière ces assassinats.
Des soupçons orientés vers des groupes armés et criminels
Dans cette zone sous contrôle des éléments du M23/AFC depuis janvier dernier, autorités locales et habitants redoutent l’implication de groupes criminels organisés ou de jeunes se réclamant de la défense locale, souvent armés et incontrôlés.
La société civile dénonce une dégradation continue du climat sécuritaire, marquée par une recrudescence des violences armées, des cambriolages, des viols et des assassinats ciblés, perpétrés dans un climat de peur et de silence imposé.
Une alerte ignorée malgré des signaux précurseurs
Fait alarmant, ce drame survient moins de 24 heures après une alerte lancée par le coordonnateur de la société civile territoriale de Nyiragongo, qui faisait état de meurtres quasi quotidiens dans la région.
« C’est presque chaque jour que les gens meurent. Les boutiques et maisons sont cambriolées, des cas de viols enregistrés et d’autres dégâts sont perpétrés silencieusement dans le territoire de Nyiragongo. Personne n’a le droit de parler sur ces cas. La semaine passée, quatre notables ont été criblés de balles. Le 11 décembre, nous avons enregistré un mort, un local défense blessé par balle et des boutiques pillées », a-t-il dénoncé.
Cette déclaration met en lumière un climat de terreur généralisée, où la population vit sous la menace permanente, sans véritable mécanisme de protection.
Goma également touchée par la vague de violences
La ville de Goma n’est pas épargnée par cette montée de l’insécurité. Le 10 décembre dernier, un membre influent du M23/AFC a été tué par balles, en même temps que deux autres jeunes, dans un incident encore non élucidé.
Un jour plus tôt, le 9 décembre, un enfant de huit ans avait été enlevé avant d’être froidement assassiné par ses ravisseurs, un crime qui avait profondément choqué l’opinion publique locale.
Une population abandonnée à son sort
Face à cette succession de drames, la population de Nyiragongo et de Goma exprime un sentiment d’abandon et d’impuissance. La société civile appelle à des enquêtes indépendantes, à la protection des civils et à la fin de l’impunité dans cette partie du Nord-Kivu, devenue l’épicentre d’une insécurité chronique.
En attendant, les habitants continuent de vivre dans la peur, redoutant que la prochaine nuit n’ajoute de nouveaux noms à la liste déjà longue des victimes oubliées.
Ivan Kambere à Butembo
