Une pratique religieuse pour le moins inhabituelle fait de nouveau parler d’elle sur les réseaux sociaux.
En Afrique du Sud, le pasteur Christ Penelope, responsable de la SevenFold Holy Spirit Ministries dans la province du Limpopo, est connu pour un rituel au cours duquel il s’assoit ou se penche au-dessus de fidèles allongés au sol, parfois avec son visage ou sa tête positionné sous lui.
La scène, qui peut surprendre voire choquer, n’est pas nouvelle. Des photographies et témoignages concernant ce rituel avaient déjà largement circulé en 2020 et 2021 avant de refaire surface ces derniers mois sur différentes plateformes numériques. Plusieurs médias sud-africains, dont News24/Drum, Daily Sun, IOL et East Coast Radio, avaient alors rapporté les explications données par le pasteur.
Christ Penelope est présenté dans ces publications comme le fondateur de SevenFold Holy Spirit Ministries, une église située à Siyandani Village, dans la région de Giyani, au Limpopo. Selon des informations publiées à l’époque, son ministère aurait commencé en 2016.
Un rituel présenté comme une « démonstration de la puissance de Dieu »
Au cœur de la controverse se trouve une méthode de prière et de guérison que le pasteur revendique comme une manifestation de la puissance divine.
Dans une interview rapportée par Drum en 2021, Christ Penelope avait expliqué que les fidèles concernés étaient placés au sol dans ce qu’il décrivait comme un état de « sommeil profond ». Il comparait cette pratique au récit biblique d’Adam, affirmant que Dieu aurait pu agir sur son corps alors qu’il était plongé dans un profond sommeil.
Le pasteur avait également déclaré que le fait de s’asseoir ou de se tenir sur les fidèles faisait partie de cette démonstration spirituelle. Selon son explication, les personnes concernées ne ressentiraient pas nécessairement de douleur et pourraient, après le rituel, affirmer ne rien avoir ressenti.
Mais c’est surtout la question des flatulences qui a rendu cette pratique virale.
Selon les déclarations rapportées par plusieurs médias, Christ Penelope affirme que le gaz expulsé à proximité du visage ou des narines du fidèle permettrait à une supposée « puissance de guérison » d’entrer dans son corps par la respiration. Il associe ainsi cette pratique à une forme de bénédiction ou de guérison spirituelle.
« Je ne pète pas, je guéris », avait-il même déclaré au Daily Sun en 2020, en contestant la manière dont son rituel était décrit sur les réseaux sociaux. Il insistait alors sur le fait que ce qu’il faisait relevait, selon lui, de la foi et non d’un simple acte physiologique.
Des fidèles disent rechercher cette « guérison »
Les informations publiées au fil des années indiquent que cette pratique ne serait pas simplement une mise en scène destinée aux réseaux sociaux. Des fidèles auraient effectivement participé à ces séances, certains affirmant rechercher auprès du pasteur une guérison ou une intervention spirituelle.
Cependant, les affirmations concernant des guérisons doivent être attribuées au pasteur ou à ses adeptes. Les sources consultées ne fournissent pas de dossiers médicaux indépendants permettant de vérifier que des maladies auraient été guéries grâce à cette pratique.
Une pratique devenue virale
Les photographies montrant Christ Penelope au-dessus de ses fidèles ont rapidement circulé sur Internet, suscitant des réactions très diverses : étonnement, moqueries, indignation mais aussi soutien de certains croyants.
Le phénomène a connu plusieurs résurgences sur les réseaux sociaux. Des publications récentes de 2026 ont de nouveau présenté Christ Penelope et son rituel comme une curiosité religieuse devenue virale à l’échelle internationale.
Certains contenus diffusés en ligne affirment même que des personnes attendraient longtemps avant de pouvoir participer à ce rituel. Ces affirmations récentes sont toutefois moins solidement documentées que les déclarations et reportages réalisés par les médias sud-africains en 2020-2021.
Que dit la science ?
Sur le plan médical, il est important de distinguer la croyance religieuse d’une affirmation thérapeutique.
Les flatulences sont un phénomène physiologique normal : elles correspondent à l’évacuation des gaz présents dans le système digestif. La Cleveland Clinic explique que ces gaz résultent notamment de la digestion et de l’activité du système digestif.
En revanche, aucune des sources médicales consultées ne fournit de preuve clinique établissant que l’exposition au gaz intestinal d’une personne puisse guérir des maladies physiques ou transmettre une quelconque « puissance divine » à travers les narines.
Il n’existe pas, dans les sources consultées, d’étude clinique indépendante, de protocole médical reconnu ou de résultats vérifiés permettant de confirmer les prétentions thérapeutiques attribuées à cette pratique.
Une affaire qui soulève également la question de la responsabilité
Au-delà de son caractère insolite, cette histoire pose une question plus large sur les pratiques de guérison revendiquées dans certains milieux religieux.
Les fidèles qui participent à ce type de rituel peuvent y voir une expression de leur foi et de leur recherche de guérison. Mais lorsqu’une pratique est présentée comme capable de traiter des problèmes physiques, la question de la preuve scientifique et de la sécurité des personnes devient particulièrement importante.
Les médias sud-africains qui avaient couvert l’affaire en 2020 et 2021 rapportaient déjà les nombreuses critiques adressées au pasteur, tandis que celui-ci maintenait que ses actes constituaient une manifestation de la puissance de Dieu.
À ce jour, les éléments disponibles permettent donc d’établir que Christ Penelope a effectivement été médiatisé pour ce rituel et qu’il en a publiquement défendu le caractère spirituel. En revanche, les affirmations selon lesquelles ses flatulences auraient un pouvoir médical de guérison restent des déclarations non étayées par des preuves cliniques indépendantes.
Suzanne Kalambay Mujinga
