Guerre en RDC : les Wazalendo reprennent Remeka et plusieurs villages dans le Masisi

La situation sécuritaire connaît un nouveau rebondissement dans le territoire de Masisi, au Nord-Kivu.

Des combattants locaux dits « Wazalendo » affirment avoir repris, ce samedi 3 octobre 2026, plusieurs villages qui étaient récemment passés sous le contrôle du M23 dans le groupement Ufamandu 1, en chefferie des Bahunde.

Selon les informations recueillies sur place, les localités de Remeka, Muhororo et Nyamiri sont notamment concernées par cette évolution. Cette reprise intervient quelques jours seulement après l’entrée du M23 dans ces zones, notamment à Remeka, où les rebelles avaient établi leur présence pendant environ une semaine.

Une nouvelle évolution sur le terrain

La reprise annoncée de ces villages intervient dans un contexte de fortes tensions dans plusieurs secteurs du territoire de Masisi. Depuis plusieurs jours, les affrontements entre les forces du M23 et les groupes de jeunes combattants locaux alliés aux forces gouvernementales ont provoqué de nouveaux déplacements de populations.

À Remeka et dans les villages environnants, les habitants ont notamment été confrontés aux conséquences des combats et aux tirs d’armes lourdes. Des informations locales font également état d’attaques menées à l’aide de drones dans la zone, faisant craindre pour la sécurité des civils.

D’après les témoignages rapportés localement, la progression des Wazalendo aurait permis de repousser les éléments du M23 de plusieurs positions et de rétablir leur présence dans certaines localités.

Remeka, un secteur stratégique

La zone de Remeka revêt une importance particulière en raison de sa position dans le territoire de Masisi et de sa proximité avec plusieurs autres localités régulièrement affectées par les affrontements.

Le contrôle de ces villages peut ainsi avoir des conséquences sur les mouvements des populations, l’accès aux axes locaux ainsi que sur les possibilités de progression des différentes forces présentes dans cette partie du Nord-Kivu.

La situation reste toutefois susceptible d’évoluer rapidement, compte tenu de la volatilité du front.

Des populations civiles durement éprouvées

Au-delà du contrôle militaire des localités, les combats ont surtout des conséquences directes sur les populations civiles.

Depuis plusieurs jours, des habitants de Remeka, Muhororo, Nyamiri et des villages voisins vivent dans la peur, certains ayant quitté leurs habitations pour chercher refuge dans des zones jugées plus sûres.

Les bombardements et les affrontements ont également perturbé les activités quotidiennes, alors que la population de cette partie de Masisi fait déjà face aux conséquences de plusieurs années de conflit.

La priorité demeure désormais la protection des civils, l’accès humanitaire et la prévention de nouvelles violences contre les populations.

Quelle présence des FARDC ?

La question de la présence et du dispositif des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) dans cette zone reste également au centre des interrogations.

Des sources locales estiment que l’appui des forces régulières pourrait être déterminant pour empêcher de nouvelles offensives et contribuer à la sécurisation des populations. Il convient toutefois de distinguer les informations rapportées par les acteurs locaux des positions officielles des autorités militaires, qui devront permettre d’établir avec précision la situation opérationnelle.

Pour l’heure, le front demeure instable dans cette partie du territoire de Masisi. La reprise de Remeka, Muhororo et Nyamiri, si elle se confirme durablement, constitue un nouveau changement dans le rapport de contrôle des localités de cette zone.

Les habitants restent donc dans l’attente d’une stabilisation effective du terrain et de mesures permettant leur retour dans leurs villages dans des conditions de sécurité suffisantes.

Muller Mundeke Kalonji à Beni

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