Une attaque armée survenue dans la nuit du samedi 26 septembre à Burungu, dans le territoire de Masisi, au Nord-Kivu, aurait fait plusieurs dizaines de morts parmi des éléments de l’AFC/M23 et des responsables liés à son administration locale.
Selon des informations rapportées par plusieurs médias, notamment Tazama RDC et Kivu 24, des hommes armés non encore identifiés ont fait irruption dans le centre de Burungu, une zone contrôlée par l’AFC/M23. Les circonstances exactes de cette attaque restent toutefois à établir.
D’après le récit rapporté par Tazama RDC, l’incident se serait produit aux alentours de 20 heures. Des hommes lourdement armés, dont certains portaient des uniformes ressemblant à ceux utilisés par les combattants de l’AFC/M23, auraient investi le centre de Burungu avant de se déployer autour de plusieurs habitations attribuées à des responsables du mouvement.
Une attaque ciblée contre des responsables du M23
Toujours selon cette source, les assaillants auraient ensuite encerclé un débit de boissons dans lequel se trouvaient plusieurs officiers de l’AFC/M23. Des tirs auraient été ouverts en direction des personnes présentes sur place.
Le bilan avancé par Tazama RDC fait état d’environ 30 combattants de l’AFC/M23 tués, parmi lesquels figureraient un colonel et un major.
Des responsables politiques et administratifs associés à l’AFC/M23 auraient également été pris pour cible au cours de cette opération. Parmi les victimes signalées figurerait notamment une femme présentée comme cheffe adjointe du centre de Burungu, ainsi que certains de ses collaborateurs.
Des personnes qui auraient tenté de prendre la fuite auraient également été visées par les assaillants, selon le même récit.
Un bilan lourd, mais encore non confirmé
Les informations actuellement disponibles évoquent un bilan global de plus de 30 militaires de l’AFC/M23 tués, auxquels s’ajouteraient 13 cadres politiques du mouvement. Neuf autres personnes auraient été blessées et prises en charge à l’Hôpital général de référence de Mweso, toujours dans le territoire de Masisi.
Environ huit personnes auraient également été enlevées au cours de l’opération, selon les mêmes sources.
Ces chiffres restent toutefois à considérer avec prudence. À ce stade, aucune source indépendante consultée ne permet de confirmer l’ensemble de ce bilan.
Des récits contradictoires circulent
Cette attaque fait l’objet de récits différents. Un article publié le 27 septembre par Enquêtes News, citant Kivu 24, rapporte plutôt des affrontements entre différentes factions du M23 à Burungu dans la nuit du 26 septembre. Selon cette version, des échanges de tirs auraient duré plusieurs minutes, sans qu’un bilan humain précis puisse être confirmé.
De son côté, le porte-parole politique de l’AFC/M23, Lawrence Kanyuka, a affirmé que des éléments des FDLR avaient infiltré Burungu vers 20h30 et auraient tué huit civils et blessé six autres. Cette version n’a pas été confirmée indépendamment.
Ces différentes versions montrent que les circonstances exactes de l’incident demeurent encore floues et nécessitent des vérifications supplémentaires.
Les assaillants auraient disparu dans la brousse
Après l’attaque, les hommes armés non identifiés auraient quitté Burungu et se seraient retirés vers les zones boisées environnantes, selon les informations rapportées localement.
L’incident intervient dans un contexte sécuritaire particulièrement tendu dans le territoire de Masisi, où plusieurs groupes armés et forces rivales continuent d’opérer. Des affrontements entre l’AFC/M23 et différents groupes armés sont régulièrement signalés dans plusieurs secteurs du territoire.
Burungu demeure par ailleurs une zone particulièrement sensible du territoire de Masisi. Des organisations de défense des droits humains ont déjà documenté des violences et des abus graves dans cette partie du Nord-Kivu au cours des dernières années.
Pour l’heure, l’AFC/M23 n’a pas, dans les sources consultées, publié de communication confirmant le bilan de plus de 30 militaires et 13 cadres politiques annoncé par Tazama RDC.
Les circonstances de l’attaque, l’identité des assaillants, leur éventuelle appartenance à une faction du M23 ou à un autre groupe armé, ainsi que le bilan définitif restent donc à déterminer.
Muller Mundeke Kalonji à Beni
