RDC : Tout savoir sur le lieutenant-général Lucien-René Likulia Bakumi, figure de la justice militaire, décédé ce 25 septembre

La République démocratique du Congo est en deuil après l’annonce du décès, ce vendredi 25 septembre 2026, du lieutenant-général Lucien-René Likulia Bakumi, Auditeur général des Forces armées de la RDC (FARDC) près la Haute Cour militaire. Il a perdu la vie dans un crash d’avion survenu à Kenge, chef-lieu de la province du Kwango.

Sa disparition marque celle d’une figure importante de la justice militaire congolaise, dont le nom était devenu étroitement associé à plusieurs procédures judiciaires impliquant des officiers supérieurs et d’autres personnalités de premier plan.

Une carrière consacrée à la justice militaire

Juriste et magistrat militaire, Lucien-René Likulia Bakumi avait consacré une grande partie de sa carrière au service de la justice au sein des FARDC. Avant d’accéder au sommet de l’Auditorat général, il exerçait les fonctions de premier avocat général des Forces armées et d’officier du ministère public près la Haute Cour militaire.

Son parcours prend une nouvelle dimension en mars 2021. Par ordonnance présidentielle, il est élevé au grade de lieutenant-général par le président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo et nommé Auditeur général des FARDC près la Haute Cour militaire. Il succède ainsi au lieutenant-général Timothée Mukunto, décédé en janvier de la même année en Afrique du Sud.

À cette fonction, Likulia Bakumi devient l’une des principales figures du ministère public militaire en RDC. Son rôle consistait notamment à conduire ou superviser des procédures judiciaires relevant de la justice militaire et à représenter le ministère public dans plusieurs dossiers devant la Haute Cour militaire.

Un magistrat au cœur de dossiers judiciaires sensibles

Durant les années passées à la tête de l’Auditorat général, le lieutenant-général Likulia Bakumi a été associé à plusieurs affaires judiciaires particulièrement sensibles.

En 2021, peu après sa nomination, son institution avait notamment lancé des recherches contre l’ancien chef de la Police nationale congolaise, le général John Numbi, dans le cadre de la procédure liée à l’assassinat des défenseurs des droits humains Floribert Chebeya et Fidèle Bazana.

Plus récemment, son nom s’est retrouvé au premier plan dans plusieurs procès impliquant de hauts gradés des FARDC. En 2026, il représentait notamment le ministère public dans le dossier opposant l’Auditorat général aux généraux Christian Tshiwewe Songesha, John Numbi Banza Ntambo et à plusieurs autres officiers supérieurs.

Les prévenus étaient notamment poursuivis pour des faits tels que le complot, la trahison, l’apologie du terrorisme, la propagation de faux bruits, la violation des consignes, la désertion à l’étranger, la détention illégale d’armes et de munitions de guerre ainsi que l’incitation de militaires à commettre des actes contraires au devoir et à la discipline.

Encore récemment, en août 2026, le lieutenant-général Likulia Bakumi intervenait dans les audiences du procès opposant l’Auditorat général au lieutenant-général Philémon Yav Irung et à son co-prévenu Shauri Chibogo Issa.

Le dossier Joseph Kabila

L’une des séquences les plus marquantes de son parcours à la tête de l’Auditorat général reste également le dossier judiciaire concernant l’ancien président Joseph Kabila.

En avril 2025, le lieutenant-général Lucien-René Likulia Bakumi avait saisi le bureau du Sénat afin de solliciter la levée des immunités parlementaires de l’ancien chef de l’État et l’autorisation de poursuites judiciaires. La démarche faisait suite aux instructions du ministère de la Justice et s’inscrivait dans le cadre des accusations portées contre Joseph Kabila par les autorités judiciaires congolaises.

Quelques semaines plus tard, Likulia Bakumi devait également être entendu par la commission spéciale du Sénat chargée d’examiner cette demande.

Un nom désormais associé à une période particulière de la justice militaire

Pendant plus de cinq ans, Lucien-René Likulia Bakumi aura ainsi occupé l’une des fonctions les plus sensibles de l’appareil judiciaire militaire congolais. Son mandat a été marqué par des procédures visant aussi bien des militaires de haut rang que des personnalités politiques et d’anciens responsables de l’État.

Des documents du Conseil supérieur de la magistrature le répertoriaient encore en 2025 parmi les responsables de cette institution, sous la qualité d’Auditeur général près la Haute Cour militaire.

Sa disparition intervient donc alors qu’il était toujours engagé dans plusieurs procédures judiciaires majeures devant la Haute Cour militaire.

Le crash de Kenge

Le lieutenant-général Lucien-René Likulia Bakumi figure parmi les victimes annoncées du crash aérien survenu ce vendredi 25 septembre à Kenge, dans la province du Kwango. Les circonstances précises de l’accident, ainsi que le bilan définitif et l’identité de toutes les victimes, doivent encore être établis et officiellement communiqués par les autorités compétentes.

Cette disparition brutale prive ainsi les FARDC et la justice militaire congolaise d’un magistrat qui aura occupé pendant plusieurs années le poste d’Auditeur général près la Haute Cour militaire.

Au-delà de sa fonction militaire, Lucien-René Likulia Bakumi était également issu d’une famille connue dans la vie publique congolaise. Il était présenté comme le fils de l’ancien Premier ministre congolais Norbert Likulia Bonongo.

Avec sa mort, c’est donc une page importante de la justice militaire congolaise contemporaine qui se tourne, alors que plusieurs dossiers majeurs auxquels il était associé demeurent encore devant les juridictions militaires.

Muisa Kalala Mbuyi

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