Crise en RDC : l’AFC/M23 va-t-elle se retirer de Goma et Bukavu? Voici sa réaction et ses nouvelles accusations

L’Alliance Fleuve Congo/Mouvement du 23 Mars (AFC/M23) affirme ne pas être disposée à quitter les zones qu’elle contrôle actuellement dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.

Cette position, exprimée dans un communiqué rendu public ce lundi 26 janvier 2026, contredit directement une récente communication des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) annonçant une évolution sur le terrain.

Dans ce document signé par son chef du département de communication, Lawrence Kanyuka, le mouvement rebelle soutient avoir instauré « l’ordre et la paix » dans les entités placées sous son administration. Il affirme que ces zones connaissent une stabilité durable, permettant aux populations de vaquer librement à leurs occupations, de jour comme de nuit.

Une administration que l’AFC/M23 qualifie de “stable et fonctionnelle”

Selon l’AFC/M23, plusieurs services essentiels auraient été rétablis dans les territoires qu’elle contrôle. Le mouvement évoque notamment la reprise normale des activités scolaires, un accès continu à l’eau potable et à l’électricité, ainsi qu’un fonctionnement régulier des services publics. Sur le plan économique, il affirme qu’une surproduction agricole aurait entraîné une baisse significative des prix des denrées alimentaires sur les marchés locaux.

« Les conditions de vie des populations ne cessent de s’améliorer », soutient le communiqué, qui insiste sur l’engagement du mouvement à protéger les civils vivant dans ces zones.

Uvira au cœur de la controverse

Revenant sur la récente reprise de la ville d’Uvira par les autorités congolaises, l’AFC/M23 qualifie de « profondément indécent et révoltant » l’enthousiasme affiché par le gouvernement central. Le mouvement affirme que cette entrée des forces gouvernementales n’a été possible que grâce à un retrait volontaire de son Unité d’observation et de monitoring, intervenu le 17 janvier 2026.

Ce retrait, précise le communiqué, aurait eu lieu en plein jour, sous les yeux de la population, en présence de la presse nationale et internationale, et aurait été retransmis en direct sur Internet. L’AFC/M23 parle d’un « geste de bonne foi » destiné à donner une chance réelle au processus de paix.

Le mouvement souligne également qu’aucune infrastructure publique ou privée n’aurait été endommagée lors de son retrait, y compris les habitations, commerces et lieux de culte, notamment ceux appartenant à la communauté banyamulenge.

Accusations contre le gouvernement congolais

Dans sa mise au point, l’AFC/M23 accuse le régime de Kinshasa de mener une politique de désinformation, de manipulation de l’opinion et de diffusion de « fake news » afin, selon elle, de masquer ses échecs militaires, politiques et humanitaires.

Le mouvement affirme qu’après le déploiement des forces gouvernementales à Uvira, de graves violations des droits humains auraient été enregistrées, dans un contexte marqué par la montée des discours de haine, des chasses à l’homme, des bombardements de zones densément peuplées et de nouveaux déplacements de populations civiles.

L’AFC/M23 dénonce par ailleurs la coupure délibérée de l’accès à Internet dans la ville d’Uvira et ses environs, qu’elle interprète comme une tentative de dissimuler la situation sécuritaire et humanitaire sur le terrain.

Appel à la communauté nationale et internationale

L’Alliance Fleuve Congo/M23 attire l’attention de la communauté nationale et internationale sur ce qu’elle qualifie de violations répétées du cessez-le-feu et de non-respect des conventions internationales, évoquant notamment l’utilisation présumée de mercenaires étrangers par les autorités congolaises.

En conclusion, le mouvement réaffirme qu’il ne quittera « aucune entité des territoires libérés » et prévient qu’il ne permettra à « quiconque, y compris le régime de Kinshasa », de troubler la paix et la stabilité dans les zones sous son contrôle.

Ci-dessous le communiqué de la rébellion


Muller Mundeke Kalonji

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