Le président de la République démocratique du Congo, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, a officiellement relancé le débat sur un dialogue national inclusif, dans un contexte politique et sécuritaire marqué par de fortes tensions, notamment à l’Est du pays.
C’est lors de la cérémonie d’échange de vœux avec les diplomates accrédités à Kinshasa, tenue ce samedi 31 janvier, que le chef de l’État a insisté sur l’urgence de renforcer l’unité nationale, qu’il qualifie désormais d’« exigence fondamentale » pour la survie et la stabilité de la Nation congolaise.
Un dialogue pour consolider la cohésion nationale
Dans son allocution, Félix Tshisekedi a exprimé sa volonté de voir s’ouvrir un dialogue entre Congolais, qu’il souhaite apaisé, inclusif et résolument républicain. L’objectif, selon lui, est de raffermir la cohésion nationale, sans toutefois remettre en cause les institutions issues du suffrage universel ni l’ordre constitutionnel.
« L’unité nationale s’impose plus que jamais comme une exigence fondamentale », a déclaré le président, soulignant la nécessité de privilégier l’intérêt supérieur de la Nation face aux multiples défis auxquels le pays est confronté.
Un cadre strictement national et constitutionnel
Le chef de l’État a tenu à lever toute ambiguïté sur le cadre de ce dialogue. S’il devait effectivement se tenir, celui-ci aurait lieu exclusivement sur le sol congolais et serait organisé et conduit par les institutions de la République.
Félix Tshisekedi a martelé que ce processus se ferait dans le strict respect de la Constitution, des lois de la République et des principes démocratiques qui fondent le pacte national congolais.
Pas de confusion entre dialogue interne et agression extérieure
Toutefois, le président de la République a posé des lignes rouges non négociables. Il a clairement averti que ce dialogue national ne saurait en aucun cas servir de substitut aux obligations internationales de la RDC, encore moins masquer les responsabilités liées à l’agression dont le pays se dit victime.
« Ce dialogue intérieur, aussi nécessaire soit-il, ne peut pas être invoqué pour relativiser une agression, ni pour diluer des responsabilités établies », a-t-il insisté.
La justice comme préalable moral
Félix Tshisekedi a également réaffirmé son attachement au principe de justice, rappelant que les crimes commis contre les populations congolaises ne resteront pas impunis.
« La justice suivra son cours normal, avec rigueur, jusqu’au bout et sans complaisance, afin d’honorer la mémoire de celles et ceux injustement tombés du fait de l’agression », a-t-il déclaré, en référence à son dernier discours sur l’état de la Nation devant le Parlement réuni en congrès.
Dialogue oui, mais sans les auteurs de crimes
Enfin, le chef de l’État a été sans équivoque sur la question des acteurs concernés par ce dialogue.
S’il se dit favorable à un dialogue national, il exclut catégoriquement toute discussion avec ceux qui se sont rendus coupables de crimes contre les populations congolaises.
« Dialogue, oui. Mais pas avec ceux qui ont commis des crimes envers nos populations », a-t-il conclu.
Ilunga Mubidi Oscar
