INSOLITE/RDC : Disparition mystérieux des sexes des hommes au Maniema, une panique s’installe

Une vague de peur inhabituelle secoue depuis plusieurs semaines la ville de Kindu et ses environs.

À l’origine de cette psychose collective : des rumeurs persistantes faisant état de la disparition mystérieuse de l’organe génital masculin après de simples contacts physiques. Une situation qui a dégénéré tragiquement à Alunguli, où un homme a été lynché par la population, accusé d’être à l’origine de ces disparitions présumées.

Une rumeur qui embrase la ville

Depuis la mi-décembre, les conversations dans les quartiers de Kindu sont dominées par une même crainte. Selon plusieurs témoignages recueillis par notre rédaction, des hommes affirment avoir ressenti un malaise ou une peur soudaine après avoir été touchés par des inconnus, craignant la « disparition » de leur organe génital.

Cette rumeur rappelle un phénomène similaire observé à Kinshasa en 2003, où des accusations de ce type avaient provoqué des violences populaires avant d’être démenties par les autorités sanitaires et scientifiques. À Kindu, cependant, la peur s’est rapidement propagée, alimentée par les réseaux sociaux et le bouche-à-oreille.

Des pratiques de protection sans fondement scientifique

Face à cette situation, certains habitants ont adopté des pratiques dites « préventives ». Dans plusieurs quartiers, des hommes portent des épingles accrochées à leurs vêtements ou scotchées sur les bras, croyant que ces objets pourraient empêcher toute tentative de disparition de l’organe génital.

Toutefois, aucune source médicale ou scientifique ne confirme l’efficacité de ces pratiques. Des professionnels de santé contactés soulignent qu’il n’existe, à ce jour, aucune preuve médicale attestant de telles disparitions par simple contact physique.

Un drame à Alunguli

La psychose a atteint un point critique à Alunguli, une entité voisine de Kindu, où un homme a été tué par la population. D’après nos sources locales, la victime aurait été accusée, sans preuve formelle, de faire partie des personnes soupçonnées de provoquer ces disparitions. Les circonstances exactes de ce meurtre restent floues, mais cet acte met en lumière les conséquences graves que peuvent engendrer les rumeurs non vérifiées.

Silence et inquiétude autour de la réponse des autorités

Jusqu’à présent, les autorités locales n’ont pas encore communiqué officiellement pour éclairer la population et calmer les esprits. Ce silence contribue à l’extension de la peur et à la multiplication des interprétations, parfois dangereuses.

Des acteurs de la société civile appellent à une intervention urgente des autorités administratives, sanitaires et sécuritaires, afin de sensibiliser la population, rétablir la vérité et prévenir d’autres violences.

Appel au calme et à la responsabilité collective

Face à cette situation, plusieurs leaders communautaires exhortent la population à la retenue, rappelant que la justice populaire et les accusations sans preuve mettent en danger des vies humaines. Ils invitent également les médias et les usagers des réseaux sociaux à faire preuve de responsabilité dans le traitement et le partage de ce type d’informations sensibles.

En attendant une communication officielle, la psychose persiste à Kindu. Mais une chose est certaine : les rumeurs, lorsqu’elles ne sont pas maîtrisées, peuvent se révéler aussi dangereuses que les crises qu’elles prétendent expliquer.


Suzanne Kalambay Mujinga

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