RDC : plusieurs positions du M23 ciblées par des frappes de drones autour de Masisi-Centre

Des frappes aériennes de grande intensité ont été menées ce lundi 8 décembre 2025 par les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) contre plusieurs positions des rebelles de l’AFC/M23 dans le territoire de Masisi, au Nord-Kivu.

Des drones militaires à l’œuvre à Katale

Selon plusieurs sources locales concordantes, un drone armé des FARDC a survolé dans la matinée l’espace aérien de Katale, situé à environ 15 kilomètres à l’Est de Masisi-Centre, avant de larguer plusieurs bombes sur des positions tenues par les rebelles de l’AFC/M23.
Les détonations, entendues dans plusieurs villages voisins, ont semé la panique parmi les habitants déjà éprouvés par des mois de combats.

Un bilan encore inconnu

Pour l’instant, aucune estimation précise des dégâts humains ou matériels n’a été communiquée, ni par les FARDC ni par des sources indépendantes.

Ce nouveau bombardement s’ajoute toutefois aux frappes aériennes menées le week-end dernier à Nyabiondo, Masisi-Centre et Bukombo, confirmant l’intensification de la stratégie aérienne de l’armée congolaise dans cette partie du territoire.

Perturbation du trafic sur l’axe Masisi–Bihambwe

Les explosions ont eu des conséquences immédiates sur la circulation.
D’après les informations recueillies auprès de plusieurs témoins, le trafic sur l’axe Masisi-Centre – Bihambwe a été fortement perturbé durant tout l’avant-midi.
Les véhicules, motos et piétons sont restés bloqués par crainte de nouvelles frappes.
Le trafic n’a pu reprendre que timidement en début d’après-midi, et sous forte prudence.

Des frappes efficaces mais insuffisantes selon des analystes

Si ces opérations aériennes semblent porter des coups significatifs aux positions rebelles, certains observateurs soulignent néanmoins leurs limites.
Selon eux, les frappes menées sans appui immédiat au sol infligent certes des pertes stratégiques à l’AFC/M23, mais ne permettent pas à elles seules aux FARDC de reprendre durablement les localités occupées.

« L’aviation peut affaiblir l’ennemi, mais sans progression des troupes au sol, il est difficile de transformer ces avancées en gains territoriaux », estime un analyste sécuritaire basé à Goma.

Une montée en puissance de la stratégie aérienne

Depuis plusieurs semaines, l’armée congolaise semble miser de plus en plus sur l’utilisation de drones armés pour frapper les positions rebelles en profondeur, éviter les embuscades et limiter les pertes dans ses rangs.
Cette stratégie pourrait annoncer une nouvelle phase dans le conflit, alors que les combats s’intensifient sur plusieurs axes dans les territoires de Masisi, Rutshuru et Nyiragongo.

Les populations civiles, elles, restent les principales victimes de ces affrontements répétés, vivant au rythme des explosions, des déplacements forcés et de l’incertitude permanente.


Muller Mundeke Kalonji

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