URGENT-RDC : un drone et un char de combat du M23 détruits par les FARDC au Sud-Kivu

La tension reste extrêmement vive dans la plaine de la Ruzizi, au Sud-Kivu, où les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) annoncent avoir neutralisé, ce vendredi 5 décembre 2024, un drone kamikaze ainsi qu’un char appartenant aux combattants de l’AFC/M23.

Les faits sont rapportés dans un communiqué officiel signé par le sous-lieutenant Mbuyi Kalonji Reagan, porte-parole des opérations Sukola 2 Sud Sud-Kivu.

Un drone kamikaze abattu au-dessus de Luvungi

Selon l’armée congolaise, le drone a été intercepté alors qu’il survolait l’espace aérien congolais en provenance de Bugarama, sur le territoire rwandais. L’appareil aurait été engagé pour viser des unités FARDC positionnées dans la région de Luvungi.

« Cet aéronef de type kamikaze a été neutralisé avant d’atteindre ses objectifs militaires », précise le communiqué, qui accuse les rebelles d’utiliser des armements sophistiqués dans le cadre d’« attaques transfrontalières coordonnées ».

Un char rebelle pulvérisé dans les montagnes de Ngomo

Le même document rapporte également la destruction d’un char du M23/AFC dans les chaînes montagneuses de Ngomo, situées à quelques kilomètres seulement de Kamanyola. Des combats d’une rare intensité y ont opposé les FARDC aux rebelles, alors que ces derniers tentaient, selon l’armée, d’ouvrir un nouveau couloir d’infiltration vers la plaine de la Ruzizi.

L’armée affirme que cette manœuvre visait à soutenir des éléments rebelles actifs dans plusieurs localités frontalières, au mépris du cessez-le-feu actuellement en vigueur.

Violations du cessez-le-feu et lourds bilans humains

Le communiqué des FARDC accuse les groupes armés alliés à l’AFC/M23 de multiplier des violations graves du cessez-le-feu, notamment par des bombardements ciblant des zones densément peuplées. Églises, écoles, marchés et habitations auraient été touchés au cours des dernières 72 heures.

L’armée évoque un bilan de 11 civils tués et plusieurs blessés, en plus d’importants dégâts matériels. Aucune source indépendante n’a pour l’instant confirmé ces chiffres.

Cinquième jour d’affrontements intenses

Les combats qui secouent la région entrent dans leur cinquième jour consécutif. Les FARDC affirment avoir « déjoué plusieurs tentatives d’avancée » des rebelles, en leur infligeant des « pertes humaines et matérielles considérables ». Aucun détail supplémentaire n’a été fourni quant au nombre exact de combattants neutralisés ou au matériel saisi.

Le général de brigade Chiviri Hamuli, commandant des opérations Sukola 2 Sud Sud-Kivu, appelle la population à « garder son calme » et assure que la situation est « entièrement sous contrôle ».

Il dément par ailleurs les rumeurs d’une présence rebelle à Katogota, Luvungi et Lubarika, affirmant que « l’ennemi a été repoussé loin de ces localités ».

Deux narratifs opposés

De son côté, l’Alliance Fleuve Congo (AFC/M23) rejette les affirmations de Kinshasa. Le mouvement rebelle revendique plutôt des « avancées territoriales majeures » ces dernières semaines dans le Sud-Kivu, malgré la signature, à Washington, d’un accord de paix entre la RDC et le Rwanda.

Les rebelles accusent l’armée congolaise, les forces burundaises et les milices d’autodéfense Wazalendo d’avoir tué 23 combattants dans les affrontements récents.

Une région stratégique sous forte pression

Cette nouvelle flambée de violences survient dans un contexte régional déjà explosif, marqué par des tensions diplomatiques persistantes entre Kinshasa et Kigali, des déplacements massifs de populations et une multiplication des affrontements sur plusieurs axes stratégiques.

Alors que les deux camps se renvoient la responsabilité de la poursuite des hostilités, la situation humanitaire se dégrade rapidement et les habitants craignent une intensification des combats dans les jours à venir.

Ivan Kambere à Butembo

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