La situation sécuritaire reste extrêmement volatile dans plusieurs localités du territoire de Mwenga, au Sud-Kivu, où les rebelles de la coalition AFC/M23 poursuivent leur progression militaire.
Depuis plusieurs jours, ces groupes armés mènent des manœuvres agressives visant à atteindre Mwenga-centre, chef-lieu du territoire, suscitant une vive inquiétude au sein de la population.
Le M23 annonce ses ambitions territoriales
Ce vendredi 28 novembre, des combattants du M23 ont tenu un bref meeting à Kiomvu, au bord de la route reliant la zone à Mwenga-centre. Devant des civils apeurés, les rebelles ont clairement annoncé leur objectif : prendre le contrôle du chef-lieu du territoire de Mwenga ainsi que de la ville minière de Kamituga, qu’ils considèrent comme stratégique.
Selon plusieurs témoins sur place, les insurgés envisagent même d’installer leur propre administration dans ces entités.
« J’ai participé au meeting du M23 sur la route à Kiomvu. Les rebelles ont dit qu’ils veulent avancer pour prendre Mwenga-centre. Ils veulent aussi contrôler Kamituga pour ouvrir la route Kamituga–Bukavu. Leur chef nous a confirmé qu’ils vont bientôt installer un administrateur du territoire de Mwenga », affirme Watunwa Jérémie, témoin direct des événements.
Les rebelles avancent : plusieurs villages sous contrôle
Dans leur offensive, les rebelles ont déjà pris possession des villages de Kalambi et Kasika, situés à quelques kilomètres seulement de Mwenga-centre.
Ces localités avaient été abandonnées par une partie de leurs habitants, laissant la voie libre aux assaillants.
Cette avancée rapide crée un climat de panique généralisée. Des centaines de familles tentent de fuir vers des zones jugées plus sûres, notamment vers Mwenga-centre et Kamituga, malgré l’incertitude qui pèse sur ces deux localités ciblées par les rebelles.
Riposte aérienne des FARDC dans la région
Face à cette poussée rebelle, l’armée congolaise a intensifié ses opérations de riposte. Ce samedi 29 novembre, la flotte aérienne des FARDC a mobilisé des avions de guerre de type Sukhoï-25, qui ont ouvert le feu sur les positions rebelles dans le village de Gakangara, situé dans la région voisine de Fizi.
Parallèlement, des drones de combat ont été observés en opération contre des cibles identifiées dans la localité de Rugezi, toujours dans le territoire de Fizi. Ces frappes aériennes visent à freiner l’avancée de l’AFC/M23 et à soutenir les unités au sol engagées dans des combats violents.
Pour l’heure, aucun bilan officiel n’a été communiqué concernant les dégâts ou les pertes éventuelles causées par ces frappes.
Un territoire en alerte permanente
Alors que les affrontements se multiplient entre les FARDC et le M23 sur plusieurs fronts dans l’Est du pays, Mwenga, longtemps relativement épargné par les offensives directes du groupe rebelle, se retrouve désormais à l’épicentre d’une nouvelle escalade militaire.
Les autorités provinciales et nationales ne se sont pas encore exprimées sur la situation, mais sur le terrain, la peur gagne du terrain au rythme de l’avancée des combats.
Muller Mundeke Kalonji
