La tension reste extrêmement élevée sur plusieurs axes du Sud-Kivu.
Après une journée entière d’intenses combats mardi 2 décembre 2025 entre les rebelles de l’AFC/M23 et les Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC), appuyées par les groupes d’autodéfense Wazalendo, de nouveaux affrontements ont éclaté dès l’aube de ce mercredi 3 décembre dans la chefferie de Kaziba et dans les localités situées le long de la frontière rwandaise.
Reprise des combats dès 5h32 dans les collines de Nabumbu
Selon plusieurs sources locales jointes dans la zone de Kaziba, les hostilités ont recommencé très tôt ce mercredi, précisément à 5h32, dans les collines de Nabumbu, au sein du groupement de Kasheke.
Ces collines stratégiques surplombent une partie importante de la chefferie et sont régulièrement disputées par les forces en présence.
Les affrontements de la veille avaient déjà fait plusieurs morts et blessés, ainsi que d’importants dégâts matériels. La population, plongée dans la peur, n’a pas eu le temps de se remettre avant la reprise des combats ce matin.
« Les gens ne savent plus vaquer à leurs occupations. Tout est paralysé, nous vivons dans la panique totale », témoigne sous anonymat une source locale.
Katogota, Luvungi et Kamanyola sous le choc dès 4h du matin
Sur l’axe Katogota–Luvungi–Kamanyola, les combats ont également repris tôt ce matin, aux alentours de 4h00, après une nuit relativement calme.
Les zones de confrontation exactes restent difficiles à établir, mais plusieurs habitants confirment avoir entendu des détonations lourdes et un mouvement inhabituel de combattants.
Les FARDC et les Wazalendo, qui ont lancé des frappes ce mardi sur l’axe Katogota en direction de Kamanyola et ce en réponse aux attaques du M23, affirment vouloir reprendre totalement le contrôle de cette cité frontalière dès ce mercredi, selon une source sécuritaire.
Frontière Rwanda–RDC fermée à Kamanyola-Bugarama
Alors que les combats se rapprochaient de Kamanyola, le Rwanda a fermé sa frontière de Bugarama–Kamanyola, un point de passage très fréquenté par les civils et les commerçants des deux pays.
Cette fermeture alimente les inquiétudes quant à un possible élargissement du conflit dans cette zone transfrontalière sous haute tension.
Population abandonnée à elle-même et appel urgent à l’intervention
Dans l’ensemble de la chefferie de Kaziba et dans les localités de la plaine de la Ruzizi, les activités socio-économiques sont quasiment à l’arrêt.
Les habitants, déjà fragilisés par le cycle continuel de violences, appellent les autorités provinciales et nationales à une intervention rapide et une sécurisation durable des zones affectées.
« Nous sommes à bout. Il faut que les autorités agissent avant que la situation ne dégénère davantage », alerte un notable de la région.
Ivan Kambere à Butembo
