RDC : voici la précision sur le présumé retrait de L’AFC-M23 de Bukavu ce 21 mars

Le M23 s’est-il retiré de Bukavu ?

Depuis les premières heures de la matinée de ce samedi, une vague d’informations largement relayées sur les réseaux sociaux annonce un prétendu retrait des éléments de l’Alliance Fleuve Congo (AFC/M23) de la ville de Bukavu, chef-lieu de la province du Sud-Kivu.

Une affirmation qui suscite de nombreuses réactions au sein de l’opinion publique, dans un contexte sécuritaire déjà extrêmement fragile à l’Est de la République démocratique du Congo.

Des publications virales évoquant un communiqué officiel

À l’origine de cette confusion, plusieurs internautes ont partagé un document présenté comme un communiqué officiel attribué à la coordination politique de l’Alliance Fleuve Congo. Selon ces publications, le mouvement armé aurait décidé de retirer ses combattants de Bukavu dans ce qui est décrit comme une « démarche responsable et stratégique ».

Le document, supposément signé par Bertrand Bisimwa, coordonnateur adjoint chargé des questions politiques, administratives, juridiques et diplomatiques du mouvement, indique que ce retrait viserait à contribuer à la décrispation du climat sécuritaire et à favoriser un environnement propice au dialogue politique.

Rapidement, ces informations ont été massivement commentées et relayées, alimentant l’espoir d’une éventuelle désescalade militaire dans la région.

Démenti formel de l’AFC/M23

Cependant, quelques heures après la propagation de ces informations, l’AFC/M23 a officiellement démenti toute décision de retrait de ses positions à Bukavu.

Dans une déclaration publiée sur le réseau social X (anciennement Twitter), Lawrence Kanyuka, porte-parole du mouvement rebelle, a qualifié ces informations de « désinformation grossière ».

Selon lui, aucune instruction de retrait n’a été donnée aux troupes présentes dans la ville ou ses environs.

« Il s’agit d’une désinformation grossière orchestrée par le régime de Kinshasa », a-t-il affirmé, dénonçant une tentative de manipulation de l’opinion publique.

Accusations croisées et guerre de communication

Le porte-parole du mouvement va plus loin en estimant que la diffusion de cette information viserait à détourner l’attention d’un incident sécuritaire récent impliquant la mort d’une humanitaire française travaillant pour l’UNICEF, lors d’une frappe de drones attribuée aux Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC).

« Il s’agit d’un acte d’une gravité extrême, qui ne saurait être ni effacé ni dissimulé par la répétition de mensonges », a-t-il écrit.

Ces déclarations illustrent une nouvelle fois la guerre de communication qui accompagne le conflit armé dans l’Est du pays, où chaque camp accuse régulièrement l’autre de manipulation médiatique et de propagande.

Une situation sécuritaire toujours incertaine

Sur le terrain, aucune source indépendante n’a confirmé un mouvement significatif de retrait des forces de l’AFC/M23 à Bukavu jusqu’à la mi-journée de ce samedi. Des habitants contactés localement rapportent plutôt une situation tendue mais relativement calme, marquée par une vigilance accrue des populations civiles.

Depuis plusieurs mois, les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu demeurent le théâtre d’affrontements sporadiques entre les FARDC et les rebelles du M23, avec des conséquences humanitaires majeures : déplacements massifs de populations, perturbation des activités économiques et inquiétude persistante des habitants.

Désinformation et prudence recommandée

Face à la multiplication des informations non vérifiées sur les réseaux sociaux, plusieurs observateurs appellent à la prudence et à la vérification systématique des sources avant toute diffusion.

Dans un contexte de conflit armé, les fausses informations peuvent rapidement amplifier la psychose collective et influencer la perception de la situation sécuritaire.

Pour l’heure, aucune confirmation officielle ne permet donc d’affirmer un retrait de l’AFC/M23 de Bukavu en date du 21 mars 2026.


Ilunga Mubidi Oscar

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