RDC : situation confuse à Kamanyola ce jeudi 4 décembre, plusieurs civils tués dans de nouveaux combats entre M23 et FARDC

La cité frontalière de Kamanyola, dans le territoire de Walungu (Sud-Kivu), traverse depuis 48 heures une nouvelle flambée de violences opposant les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) aux rebelles de l’AFC-M23, soutenus selon des sources locales par des éléments rwandais.

Les combats, d’une intensité rare dans cette partie de la province, ont plongé la population dans une situation humanitaire alarmante.

Une situation confuse et évolutive

Selon plusieurs sources concordantes recueillies ce jeudi 4 décembre au matin, la situation reste particulièrement confuse.

Des habitants contactés à distance affirment que le contrôle de la cité serait désormais partagé, les FARDC et les groupes Wazalendo tenant une partie du centre, tandis que les rebelles opéreraient depuis les collines environnantes, notamment du côté de Cigobegobe et Mushunguti.

D’autres sources, relayées par la presse locale et certains leaders de la société civile, soutiennent que la coalition FARDC–Wazalendo, appuyée par des unités de l’armée burundaise, aurait réussi à reprendre plusieurs positions stratégiques au cours de la nuit, notamment autour de la Route nationale numéro 5 (RN5), axe vital reliant Bukavu à Uvira et servant de corridor commercial régional.

En revanche, toutes les sources concordent sur un point :
de violentes détonations d’armes lourdes et automatiques continuent de se faire entendre depuis les montagnes surplombant Kamanyola, signe que les hostilités se poursuivent.

Bilan humain provisoire : morts, blessés et traumatisme collectif

Le bilan reste encore provisoire, en raison de l’impossibilité d’accéder à plusieurs quartiers.
Selon la société civile locale, au moins :

  • 7 civils ont été tués, dont deux femmes touchées par des éclats de bombes tombées près du marché central ;
  • 6 personnes blessées ont été admises dans les structures sanitaires locales, dont certaines dans un état critique ;
  • plusieurs familles sont toujours portées disparues, surtout dans les villages périphériques proches des zones de combats.

Des habitants rapportent également que des tirs nourris ont atteint accidentellement des habitations, provoquant un traumatisme généralisé dans la population.

Exode massif et paralysie totale de la cité

Face aux affrontements, la situation humanitaire se détériore rapidement :

  • Fuite vers le Rwanda : des centaines de civils ont traversé ou tenté de traverser la frontière vers Bugarama, de l’autre côté du poste frontalier rwandais, dans ce qui semble être l’un des plus importants mouvements de population récents.
  • D’autres habitants, paniqués et craignant d’être pris pour cibles, se sont confinés dans leurs maisons, parfois sans nourriture ni eau.
  • Les écoles, marchés et commerces restent fermés, plongeant la cité dans une paralysie totale.

Des leaders communautaires s’inquiètent de l’absence d’assistance humanitaire alors que les déplacés continuent d’affluer. Certains évoquent la possibilité d’une crise humanitaire majeure si les combats se prolongent.

Une guerre qui s’installe dans le Sud-Kivu

L’intensification des violences à Kamanyola confirme que le conflit longtemps concentré au Nord-Kivu est désormais profondément enraciné dans le Sud-Kivu, notamment dans les territoires de Walungu et Kabare.

Selon des observateurs locaux, ces combats illustrent :

  • l’élargissement géographique du front,
  • la fragilité des localités frontalières,
  • et l’échec des tentatives diplomatiques récentes visant à obtenir un cessez-le-feu durable.

Des notables du Sud-Kivu alertent sur le risque d’embrasement régional si aucune solution politique n’est trouvée rapidement, rappelant que les civils restent les premières victimes de cette guerre qui ne cesse de s’étendre.


Ivan Kambere à Butembo

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