Une nouvelle tragédie sanglante a frappé l’est de la République démocratique du Congo.
Au moins dix personnes ont perdu la vie et plusieurs autres ont été grièvement blessées dans l’explosion d’un engin explosif survenue jeudi 29 janvier 2026 en début de soirée dans la cité de Sange, située à une quarantaine de kilomètres d’Uvira.
Selon des sources locales concordantes, l’attaque serait attribuée aux rebelles du M23/ARC, actifs dans plusieurs zones du Sud-Kivu et du Nord-Kivu. L’xplosion a visé un quartier résidentiel, à une heure de forte affluence, semant la terreur parmi la population civile.
Une attaque ciblant des civils en pleine zone habitée
D’après les témoignages recueillis sur place, l’engin explosif a été déclenché alors que de nombreux habitants vaquaient encore à leurs occupations quotidiennes. La violente déflagration a provoqué un mouvement de panique généralisé, poussant des familles entières à fuir leurs habitations par crainte d’autres explosions.
Plusieurs maisons ont été endommagées, tandis que des débris jonchaient les rues du quartier touché. Les blessés, dont certains se trouvent dans un état critique, ont été évacués vers des structures sanitaires locales, souvent dépassées par le manque de médicaments, de personnel et d’équipements médicaux.
Colère et indignation de la société civile
Face à cette nouvelle attaque, les organisations de la société civile de Sange et d’Uvira ont exprimé une vive indignation. Elles dénoncent un acte terroriste visant délibérément des civils sans défense, en violation flagrante du droit international humanitaire.
« La population paie encore une fois le prix fort d’une guerre qui ne la concerne pas. Nous exigeons des mesures urgentes pour sécuriser les zones habitées », a déclaré un acteur de la société civile locale.
Ces organisations appellent le gouvernement congolais, les forces de sécurité ainsi que les partenaires internationaux à renforcer la protection des civils et à mettre fin à l’impunité des groupes armés.
Un contexte sécuritaire explosif dans le Sud-Kivu
Cet attentat intervient dans un contexte sécuritaire particulièrement tendu dans le territoire d’Uvira et ses environs. Il y a à peine deux mois, une autre attaque d’envergure avait coûté la vie à plus de trente personnes, peu avant la prise de contrôle de la ville d’Uvira par les mêmes rebelles.
Depuis, la région vit au rythme des déplacements massifs de populations, des alertes sécuritaires répétées et d’une peur permanente. Les habitants redoutent une extension des violences, notamment dans les centres urbains jusque-là considérés comme relativement sûrs.
Silence officiel et attentes de la population
À l’heure où cet article est publié, aucune communication officielle n’a encore été faite par les autorités provinciales du Sud-Kivu ni par le gouvernement central sur le bilan définitif de l’explosion. Les populations locales attendent également des annonces claires concernant les mesures de sécurisation, la traque des auteurs et l’assistance aux victimes.
Pour de nombreux observateurs, ce silence renforce le sentiment d’abandon ressenti par les communautés locales, déjà éprouvées par des années de conflits armés dans l’est du pays.
Une urgence humanitaire et sécuritaire
Au-delà du bilan humain, cette explosion relance le débat sur la prolifération des engins explosifs, l’insécurité chronique et la nécessité d’une réponse globale combinant action militaire, protection civile et aide humanitaire.
Pendant ce temps, à Sange, les habitants pleurent leurs morts et tentent de survivre dans un climat de peur, espérant que cette tragédie ne soit pas une attaque de plus dans une longue liste de violences restées sans réponse durable.
Ivan Kambere à Butembo
