RDC : le Rwanda a-t-il mené une attaque armée à l’aéroport de Kisangani ? Voici la précision du gouvernement

La tension sécuritaire franchit un nouveau cap en République démocratique du Congo.

Dans un communiqué officiel rendu public ce lundi 2 février, le gouvernement provincial de la Tshopo accuse ouvertement le Rwanda d’avoir mené une attaque armée contre l’aéroport international de Bangboka, situé à une quinzaine de kilomètres du centre-ville de Kisangani.

Une attaque par drones kamikazes dénoncée

Selon ce document signé par le ministère provincial du Plan, Budget, Économie, Commerce, Entrepreneuriat, PME et Porte-parole du gouvernement, l’aéroport de Bangboka aurait été la cible, entre le samedi 31 janvier à 5 heures et le dimanche 1er février à 2 heures, d’une attaque armée sophistiquée menée à l’aide de drones kamikazes.

Le communiqué précise que ces engins transportaient des munitions non conventionnelles composées de plusieurs sous-munitions, une pratique qualifiée de violation flagrante du droit international humanitaire et des lois de la guerre. Pour les autorités provinciales, cette attaque s’inscrit dans ce qu’elles décrivent comme une agression persistante et injuste imposée par le Rwanda, avec l’appui de ses supplétifs de l’AFC/M23.

Réaction rapide des FARDC : huit drones neutralisés

Le gouvernement provincial souligne toutefois que l’attaque n’a pas atteint ses objectifs, grâce à la vigilance et au professionnalisme des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC).

« Huit (8) drones ennemis ont été neutralisés sans qu’aucun n’ait pu atteindre son objectif macabre », indique le communiqué.

Les FARDC auraient agi conformément à la vision sécuritaire et aux instructions du Commandant suprême, le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, avec l’appui de partenaires de la RDC.

Une condamnation ferme et un appel à la communauté internationale

Sous le leadership du gouverneur Paulin Lendongolia Lebabonga, le gouvernement provincial de la Tshopo condamne avec la plus grande fermeté cette tentative qualifiée de terroriste, tout en félicitant les forces loyalistes pour leur engagement constant dans la défense de l’intégrité territoriale du pays.

Les autorités provinciales estiment par ailleurs que cet incident constitue une nouvelle preuve de la volonté du Rwanda de saboter les efforts diplomatiques, notamment l’accord de paix signé à Washington, en contradiction totale avec ses engagements internationaux.

Kinshasa attend des actes, pas des discours

Face à cette situation, le gouvernement provincial appelle la communauté internationale à aller au-delà des simples condamnations de principe et à prendre des mesures concrètes et dissuasives afin de mettre un terme définitif à une agression qualifiée de vieille de plus de trente ans.

« Il est impératif que le Rwanda et ses supplétifs libèrent toutes les zones occupées de la RDC », insiste le communiqué.

Un climat sécuritaire de plus en plus préoccupant

Cette accusation intervient dans un contexte de forte crispation sécuritaire en RDC, alors que les autorités congolaises multiplient les alertes sur l’extension des menaces armées au-delà de l’Est du pays. L’attaque présumée de l’aéroport de Kisangani, ville stratégique et carrefour logistique majeur, pourrait marquer une nouvelle phase du conflit, avec des implications régionales et internationales importantes.

Pour l’heure, aucune réaction officielle de Kigali n’a encore été enregistrée.


Ivan Kambere à Butembo

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