Après plus d’une année d’inaccessibilité au trafic civil, l’aéroport international de Goma connaît un regain d’activité.
Des travaux d’aménagement ont été entamés ce mercredi 11 février 2026 sur une portion de cette infrastructure stratégique du Nord-Kivu, dans un contexte sécuritaire toujours marqué par la présence de la rébellion AFC/M23.
Selon des sources locales concordantes, ces travaux visent à rendre opérationnelle une partie de la piste et des installations techniques en vue de l’atterrissage d’un premier avion attendu ce jeudi 12 février. Il s’agirait d’un appareil transportant une délégation des Nations unies.
Une infrastructure stratégique sous contrôle rebelle
L’aéroport international de Goma, poumon logistique et humanitaire de la province du Nord-Kivu, est resté fermé au trafic civil depuis plus d’un an. Il se trouve toujours sous le contrôle des rebelles de l’AFC/M23, un mouvement soutenu par le Rwanda selon Kinshasa ainsi que plusieurs rapports d’experts des Nations unies.
Sa fermeture prolongée avait fortement perturbé les opérations humanitaires, les mouvements des organisations internationales et les échanges économiques dans une province déjà fragilisée par des années de conflit armé.
La reprise partielle des activités, même limitée, constitue donc un événement majeur dans un environnement où chaque avancée logistique peut influencer la dynamique sécuritaire et diplomatique.
Une délégation onusienne attendue à Goma
Des sources diplomatiques indiquent que Jean-Pierre Lacroix, Secrétaire général adjoint des Nations unies chargé des opérations de maintien de la paix, pourrait fouler le sol de Goma dans les prochains jours. Sa visite s’inscrirait dans le cadre d’une mission officielle liée à l’évaluation de la situation sécuritaire et au mandat de la MONUSCO dans l’est de la RDC.
Si sa venue se confirme, elle marquerait un signal politique fort, alors que les discussions sur l’avenir de la mission onusienne et la reconfiguration de sa présence en RDC se poursuivent entre Kinshasa et les Nations unies.
Entre enjeux sécuritaires et diplomatiques
L’atterrissage annoncé de ce premier avion intervient dans un climat de fortes tensions militaires entre les FARDC et les éléments de l’AFC/M23 dans plusieurs zones du Nord-Kivu. Le contrôle de l’aéroport de Goma reste un enjeu stratégique majeur, tant sur le plan militaire que symbolique.
Pour les observateurs, cette reprise partielle des activités pourrait ouvrir la voie à des négociations logistiques ou humanitaires spécifiques, sans pour autant signifier un retour immédiat à la normale.
Du côté de la population gomatracienne, l’espoir demeure prudent. Beaucoup voient dans cette évolution un possible début de réouverture progressive, tandis que d’autres s’interrogent sur les garanties sécuritaires entourant ces mouvements aériens.
Une étape symbolique
L’arrivée d’un premier avion après plus d’un an de fermeture représente avant tout un symbole : celui d’une tentative de réactivation d’une infrastructure clé au cœur d’un conflit complexe.
Reste à savoir si cette initiative s’inscrira dans une dynamique durable de stabilisation ou si elle demeurera un épisode ponctuel dans un contexte sécuritaire encore volatil.
La situation reste à suivre dans les prochaines heures.
Muller Mundeke Kalonji
