Des bombardements ont été entendus dans l’après-midi de ce mercredi 26 novembre 2025 dans la province du Sud-Kivu. Selon des sources militaires locales, un avion de chasse Sukhoï Su-25 de l’armée congolaise a frappé trois importantes positions tenues par les rebelles du M23 et leurs alliés.
Kilungutwe, Kasika et Tubimbi sous le feu
D’après nos informations, les frappes ont ciblé les localités de Kilungutwe, Kasika et Tubimbi, zones stratégiques occupées par la coalition M23-RDF-AFC. Des fortes détonations ont retenti pendant plusieurs minutes, créant un mouvement de panique dans les villages voisins.
« Un avion de chasse Sukhoï vient de frapper les lignes de front de la coalition M23-RDF-AFC dans ces trois localités », affirme une source opérationnelle contactée par nos reporters.
Plusieurs positions utilisées comme bases logistiques et voies de ravitaillement auraient été atteintes, bien que le bilan officiel des dégâts ne soit pas encore communiqué.
Des frappes après une escalade des combats
Ces bombardements surviennent à la suite d’intenses affrontements enregistrés depuis plusieurs jours entre les FARDC (Forces Armées de la RDC) et les rebelles. Les combats se sont intensifiés sur plusieurs axes, poussant l’aviation militaire à intervenir afin de freiner l’avancée des rebelles.
La veille déjà, quatre positions du M23 dans le territoire de Masisi (Nord-Kivu) avaient été visées par des frappes aériennes similaires, confirmant une riposte militaire de grande envergure menée simultanément dans les deux provinces du Kivu.
Un accord de cessez-le-feu fragilisé
Ces affrontements font planer de lourds doutes sur la mise en œuvre de l’accord-cadre signé à Doha entre le gouvernement congolais et les représentants de l’AFC-M23. L’un des points essentiels de cet accord portait sur un cessez-le-feu immédiat, une condition déjà sérieusement compromise par les récents événements.
Pour plusieurs observateurs, la reprise des hostilités remet en question la sincérité des engagements des parties et pourrait entraîner un enlisement du processus de paix, alors que des milliers de civils restent exposés aux combats.
Quel avenir pour le processus de paix ?
Au regard de la montée en puissance des opérations militaires et des bombardements ciblés, la situation au Sud-Kivu demeure extrêmement tendue. Les organisations humanitaires redoutent une nouvelle vague de déplacements massifs des populations, tandis que la communauté internationale appelle au respect des engagements pris à Doha.
En attendant, les FARDC poursuivent leurs opérations de riposte et promettent de reprendre le contrôle total des zones occupées.
Muller Mundeke Kalonji
