La situation sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo connaît un tournant majeur.
Dans la soirée du lundi 8 décembre 2025, des milliers de commandos congolais formés en Israël, accompagnés de mercenaires étrangers, ont atterri à l’aéroport de Kavimvira, dans la ville d’Uvira (Sud-Kivu). Une arrivée spectaculaire qui intervient alors que les rebelles de l’AFC/M23 progressent dangereusement vers cette cité stratégique du littoral.
Un renfort de grande envergure pour stopper la poussée rebelle
Selon plusieurs sources sécuritaires et administratives, ces commandos seraient déployés pour renforcer les lignes de défense après la chute récente de la cité de Sange, située à une trentaine de kilomètres d’Uvira. La présence de mercenaires blancs, dont le nombre exact n’a pas été révélé, laisse penser à une internationalisation croissante du conflit dans le Kivu.
Le gouverneur du Sud-Kivu, Jean-Jacques Purusi, a tenu un discours ferme et rassurant à l’endroit de la population inquiète :
« Uvira ne va pas tomber, je vous le confirme. Les équipes de sécurité, l’armée et nos Wazalendo ont reçu tout ce qu’il faut pour sécuriser la population. Restez calmes et faites confiance à nos forces. »
Entre rumeurs et réalité : Kiliba reste sous contrôle FARDC–Wazalendo
Dans la matinée de ce mardi, plusieurs rumeurs faisaient état d’une présence des rebelles du M23 dans la localité de Kiliba Ondes, un point stratégique situé sur l’axe Uvira–Sange. Des informations rapidement contredites par des sources locales.
Kalvin Mukoloka, directeur de la radio ONDES FM, témoigne :
« Aucun rebelle n’est ici à Kiliba. Nous sommes sous contrôle des FARDC et des Wazalendo. Oui, hier il y a eu quelques coups de feu pendant la nuit, mais c’est devenu normal : chaque jour, on entend des tirs. »
Un autre habitant, Ziga Mutabwe, alerte sur une situation tendue bien que la zone reste calme :
« Une grande inquiétude règne face à la possibilité d’affrontements à tout moment. Les rebelles sont déterminés à s’emparer d’Uvira. Toutefois, la situation est calme ici à Kiliba et même paisible à Uvira, malgré l’arrivée massive de réfugiés venant de la plaine. »
Plusieurs habitants traversent en effet la frontière pour se réfugier au Burundi, par crainte d’un assaut imminent.
Un calme précaire en attendant l’inévitable
À Uvira même, ce calme apparent contraste avec la psychose ambiante. Tony Mugaruka, un autre témoin, confirme :
« Nous nous sommes bien réveillés et tout va bien ici, même si nous vivons dans l’insécurité. Les villages de la plaine sont déjà tombés. Je te tiendrai informé de l’évolution. »
Les prochaines heures s’annoncent cruciales. Entre l’arrivée des renforts, la mobilisation des groupes d’autodéfense Wazalendo et la pression rebelle sur les localités périphériques, Uvira se trouve au cœur d’un nouveau chapitre de la guerre du M23 dans le Kivu.
Une chose semble certaine : avec l’entrée en scène de forces spéciales formées à l’étranger, le conflit vient de franchir une nouvelle étape, dont les conséquences pourraient profondément modifier l’équilibre militaire dans la région.
Muller Mundeke Kalonji
