Nyiragongo sous choc : une femme mortellement percutée par un véhicule du M23, Jean-Luc Mukanda dénonce des abus graves

Une nouvelle alerte sur la détérioration de la situation des droits humains est lancée dans le territoire de Nyiragongo, au Nord-Kivu, après la mort tragique d’une civile percutée par un véhicule attribué aux combattants du M23 dans la chefferie de Munigi, près de Buhombo, non loin d’une base de la MONUSCO.

Selon des informations recueillies auprès de sources locales concordantes, la victime, identifiée comme Kavira Kinava Ghislaine, aurait été violemment heurtée par un véhicule roulant à vive allure dans l’après-midi du jeudi 19 mars 2026, aux environs de 17 heures (heure de Goma). Le véhicule impliqué aurait poursuivi sa route sans porter assistance à la victime, qui a succombé à ses blessures.

Une situation sécuritaire jugée alarmante

Cet incident relance les inquiétudes sur la protection des civils dans les zones sous contrôle du mouvement rebelle M23. L’activiste des droits humains Jean-Luc Mukanda, représentant régional de la Fondation Taupin Kabongo Mukengeshayi (FTKM), a publié une alerte urgente dénonçant une recrudescence des abus contre les populations locales.

Selon lui, cet événement « constitue un symptôme visible d’une crise beaucoup plus profonde » affectant les communautés vivant dans ces zones.

D’après les témoignages recueillis par son organisation, plusieurs violations graves seraient régulièrement signalées, notamment :

  • Des violences basées sur le genre ;
  • Des pillages systématiques des biens civils ;
  • Des arrestations arbitraires ;
  • Des recrutements forcés, y compris d’enfants en âge scolaire ;
  • Des déplacements massifs de populations fuyant l’insécurité.

L’activiste évoque également des accusations préoccupantes d’enterrements en fosses communes de personnes mortes en détention, conséquence présumée de conditions de détention qualifiées d’inhumaines par des témoins locaux.

Un climat de peur au sein des communautés

Ces pratiques, affirme Jean-Luc Mukanda, constituent des violations répétées du droit international humanitaire et contribuent à installer un climat de peur permanente parmi les habitants.

« Les populations civiles vivent dans un état de traumatisme continu, marqué par l’incertitude et la crainte quotidienne », souligne-t-il, appelant à une mobilisation urgente pour prévenir de nouvelles pertes humaines.

Les organisations locales de défense des droits humains redoutent une aggravation de la crise humanitaire dans cette partie du Nord-Kivu, déjà fragilisée par plusieurs années de conflit armé et de déplacements massifs.

Appel à une action urgente des autorités et de la communauté internationale

Face à la multiplication des abus signalés, l’activiste exhorte les autorités congolaises ainsi que la communauté internationale à prendre des mesures concrètes pour assurer la protection des civils.

« Se taire reviendrait à cautionner l’inacceptable », insiste-t-il, plaidant pour des mécanismes renforcés de surveillance et de redevabilité dans les zones affectées par le conflit.

Par ailleurs, Jean-Luc Mukanda salue les efforts diplomatiques du Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, qu’il crédite pour les récentes sanctions annoncées par le Département d’État américain contre certains responsables militaires rwandais et personnalités politiques régionales. Selon lui, ces sanctions représentent « un signal fort » susceptible de réduire les soutiens extérieurs présumés au M23.

Une crise humanitaire persistante

Alors que les appels à la protection des civils se multiplient, la situation sécuritaire dans les territoires de Nyiragongo et de Rutshuru demeure volatile. Les acteurs de la société civile alertent sur l’urgence d’actions coordonnées afin d’éviter une nouvelle escalade de violences contre des populations déjà durement éprouvées par le conflit dans l’Est de la République démocratique du Congo.

Ivan Kambere à Butembo

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