De nouveaux affrontements armés ont éclaté tôt le matin de ce mardi 3 février 2026 dans la province du Nord-Kivu.
Des combats intenses ont opposé les combattants Wazalendo aux rebelles de l’AFC/M23 dans les localités de Kivuma et Kanyangohe, situées dans la chefferie de Bwito, en territoire de Rutshuru.
Des attaques lancées depuis Mweso
Selon des sources concordantes contactées par ACTUALITE.CD, les éléments de l’AFC/M23 seraient partis de la cité de Mweso, dans le territoire voisin de Masisi, pour mener des attaques ciblées contre ces deux localités, distantes d’environ cinq kilomètres de cette cité stratégique.
Les mêmes sources indiquent que les rebelles ont mené des offensives simultanées contre les positions des Wazalendo, solidement établies sur les collines dominant Kivuma et Kanyangohe. L’objectif aurait été de déloger ces groupes d’autodéfense locale afin d’élargir leur zone de contrôle autour de Mweso.
Une résistance farouche des Wazalendo
Malgré la violence et l’intensité des combats, les Wazalendo ont opposé une résistance tenace, empêchant toute progression significative de l’AFC/M23. Après plusieurs heures d’affrontements, les rebelles ont finalement été contraints de se replier vers Mweso, leur point de départ, sans parvenir à atteindre leurs objectifs militaires.
Jusqu’en milieu de journée, aucune source officielle n’avait communiqué de bilan précis concernant d’éventuelles pertes humaines ou matérielles de part et d’autre.
Une population civile prise au piège
Ces nouveaux affrontements ont, une fois de plus, plongé les populations civiles dans la détresse. Des déplacements massifs de familles ont été signalés, aggravant une situation humanitaire déjà critique dans cette partie du Nord-Kivu.
Craignant pour leur sécurité, plusieurs habitants de Kivuma et Kanyangohe ont fui leurs villages pour trouver refuge notamment à Mweso et Muhongozi, tandis que d’autres se sont dispersés dans les localités environnantes.
Une crise humanitaire qui s’aggrave
D’après des sources humanitaires locales, le nombre de personnes déplacées ne cesse d’augmenter jour après jour. Faute de sites d’accueil adaptés, de nombreuses familles sont hébergées dans des salles de classe, transformées en abris de fortune.
Ces déplacés vivent dans des conditions extrêmement précaires, marquées par un manque criant de nourriture, un accès limité aux soins de santé, ainsi qu’une absence de mécanismes de protection, notamment pour les femmes et les enfants.
Un contexte sécuritaire toujours instable
Ces affrontements illustrent une fois de plus la fragilité persistante de la situation sécuritaire dans les territoires de Rutshuru et Masisi, où les combats récurrents entre groupes armés continuent de compromettre les efforts de stabilisation et d’exacerber la crise humanitaire.
La société civile locale appelle les autorités et les partenaires humanitaires à une intervention urgente afin de protéger les civils et venir en aide aux milliers de déplacés affectés par cette nouvelle flambée de violences.
Ivan Kambere à Butembo
