Un nouvel épisode de violences armées secoue le territoire de Walikale, au Nord-Kivu. Depuis 10 heures locales, du samedi 6 décembre 2025, de violents affrontements ont opposé les rebelles de l’AFC/M23 aux forces d’autodéfense Wazalendo dans la localité de Chanjikiro, située dans le groupement Kisimba, secteur des Wanianga.
Une offensive lancée depuis Ikobo
Selon plusieurs sources coutumières contactées dans la zone, les combattants du M23, venus du groupement Ikobo, ont lancé une attaque coordonnée contre les positions tenues par les Wazalendo à Chanjikiro. Cette agglomération avait été reprise par les groupes d’autodéfense il y a environ deux mois, à l’issue d’une opération éclair menée pour repousser l’avancée rebelle vers le sud du territoire.
Les combats de ce samedi ont été particulièrement intenses, marqués par l’usage d’armes lourdes et légères. Des détonations ont été entendues dans un vaste rayon, plongeant la population locale dans la panique.
La population à nouveau en fuite
Alors que quelques familles avaient timidement commencé à regagner leurs habitations ces dernières semaines, cette nouvelle flambée de violence a poussé les habitants à reprendre le chemin de la brousse.
Des mouvements massifs de civils sont signalés dans plusieurs directions, notamment vers les localités de Kisimba, Busurungi et Mpety, déjà saturées par les déplacements successifs de ces derniers mois.
Objectif stratégique : le couloir Rusamambu–Mpety pour atteindre Pinga
Des sources administratives locales, contactées par Actualités.cd, confirment ces nouveaux affrontements. Selon elles, les rebelles chercheraient à rouvrir le couloir Rusamambu–Mpety, un axe stratégique leur permettant de relier Ikobo à Kisimba. Ce passage donnerait ensuite accès à la cité hautement stratégique de Pinga, convoitée par le M23 pour étendre son contrôle vers l’ouest du Nord-Kivu.
La pression rebelle dans cette zone suscite de vives inquiétudes, d’autant plus que Walikale était, jusqu’ici, relativement épargné par l’avancée frontale observée dans les territoires voisins de Masisi et Rutshuru.
Un front qui s’ouvre dans un contexte général de tensions régionales
Cette résurgence de combats à Walikale intervient dans un climat sécuritaire extrêmement tendu dans l’Est du pays. Au Sud-Kivu, la situation reste explosive : d’intenses affrontements opposent les FARDC et les Wazalendo aux rebelles du M23 dans les territoires de Fizi, Mwenga et Uvira.
Les rebelles ont récemment pris le contrôle de Luvungi, une agglomération située sur la route menant vers Uvira, devenue chef-lieu provisoire de la province du Sud-Kivu après la chute de Bukavu entre les mains des rebelles.
Cette extension simultanée des fronts au Nord et au Sud-Kivu confirme la dynamique offensive du M23/AFC, qui semble désormais vouloir étendre son rayon d’action au-delà des zones traditionnellement disputées.
La situation reste très volatile
À Chanjikiro comme dans l’ensemble du secteur des Wanianga, la situation demeurait extrêmement tendue en début d’après-midi. Ni les autorités provinciales ni les FARDC n’ont pas encore communiqué sur les premières issues de ces affrontements. Ce dimanche, un calme relatif est signalé mais la situation peut dégénérer à tout moment selon notre source dans la zone.
Les populations civiles, déjà fragilisées par des années d’insécurité chronique, paient une nouvelle fois le prix fort d’une guerre qui continue d’étendre ses foyers.
Muller Mundeke Kalonji
