Guerre en RDC : poursuite du retrait du M23 sur plusieurs lignes de front au Nord-Kivu

Le mouvement rebelle AFC/M23 poursuit son retrait progressif sur plusieurs positions stratégiques dans la province du Nord-Kivu, une évolution militaire qui reconfigure progressivement les lignes de front et ravive à la fois espoirs et inquiétudes parmi les populations civiles.

Selon plusieurs sources locales concordantes et des témoignages d’habitants recueillis dans la région, ces mouvements de replis concernent notamment certaines localités situées dans les territoires de Lubero, Walikale et de leurs environs.


Retrait signalé à Kateku et progression vers Miriki

Ce jeudi 26 mars 2026, des éléments identifiés comme appartenant aux Forces de défense rwandaises (RDF), alliées présumées du mouvement AFC/M23 selon Kinshasa et plusieurs rapports internationaux, se sont retirés du village de Kateku.

D’après des sources sécuritaires locales, ces troupes ont pris la direction de Miriki, avec une probable réorganisation vers la zone stratégique de Kayna, un axe considéré comme crucial pour le contrôle militaire du sud du territoire de Lubero.

Peu après ce retrait, une situation confuse s’est installée dans le village. Des éléments d’autodéfense affiliés à l’AFC/M23 auraient tenté d’imposer leur autorité sur la population restée sur place. Toutefois, leur présence a été rapidement contestée par des combattants Wazalendo actifs dans la zone.

Des affrontements ponctuels ont été signalés, au cours desquels deux combattants AFC/M23 auraient été neutralisés, tandis que les survivants se seraient repliés en suivant l’itinéraire emprunté par les forces en retrait.


Tensions persistantes à Minjenje et Mpeti

Parallèlement, la situation humanitaire demeure préoccupante dans les villages de Minjenje et Mpeti dans le territoire de Walikale, où la population civile vit dans la crainte d’affrontements imminents.

Selon des acteurs de la société civile locale, environ 70 % des habitants ont fui leurs domiciles, se dirigeant vers Kalembe, considérée comme relativement plus sûre.

Ces déplacements massifs sont motivés par la peur d’une confrontation directe entre :

  • des groupes d’autodéfense liés à l’AFC/M23 encore présents dans certaines zones ;
  • et les combattants Wazalendo, signalés autour des villages et déterminés à empêcher toute réinstallation rebelle.

Un retrait stratégique plutôt qu’un cessez-le-feu ?

Plusieurs observateurs sécuritaires estiment que ces retraits ne signifient pas nécessairement une désescalade durable du conflit.

Selon des analystes militaires cités par différents médias régionaux :

  • le M23 pourrait procéder à un redéploiement tactique visant à consolider ses positions sur des axes jugés plus défendables ;
  • ces mouvements pourraient également être liés aux pressions diplomatiques américaines dans le cadre des accords signés à Washington entre la RDC et le Rwanda.

Jusqu’à présent, aucune déclaration officielle du mouvement AFC/M23 n’a clarifié les motivations exactes de ces replis.


Entre espoir et incertitude pour les civils

Sur le terrain, les populations accueillent ces retraits avec prudence. Si certains habitants espèrent une accalmie après plusieurs mois d’occupation marqués par l’insécurité et les déplacements forcés, d’autres redoutent un vide sécuritaire susceptible de provoquer de nouveaux affrontements entre groupes armés locaux.


Une situation encore volatile

Malgré ces mouvements militaires, la situation sécuritaire au Nord-Kivu reste extrêmement fragile. Les lignes de front demeurent mouvantes et les habitants continuent de vivre au rythme des rumeurs d’avancées ou de replis armés.

Les prochains jours seront déterminants pour évaluer si ces retraits annoncent une véritable désescalade ou simplement une nouvelle phase stratégique du conflit dans l’Est de la République démocratique du Congo.


Ivan Kambere à Butembo

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