Une situation sécuritaire extrêmement préoccupante continue de s’aggraver dans le territoire de Masisi, au Nord-Kivu.
Ce jeudi 20 novembre, plusieurs localités ont été le théâtre de nouvelles tensions après trois jours de violents affrontements entre les Forces armées de la RDC (FARDC), appuyées par des milices d’autodéfense locales, et les rebelles de l’AFC-M23.
De nouveaux villages sous occupation rebelle
Malgré la signature récente à Doha d’un accord-cadre censé ouvrir la voie à un retour à la paix, les combats se sont intensifiés depuis dimanche. Plusieurs localités stratégiques sont tombées dans les mains des belligérants au fil des affrontements.
Dans le secteur de Osso-Banyungu, les villages de Kasheke et Bituna, mais également le chef-lieu du secteur de Katoyi et des parties du groupement Nyamaboko 1er, sont désormais sous contrôle de l’AFC-M23. Ces localités ont été conquises après de durs combats contre les milices Wazalendo, soutenues par des unités de l’armée congolaise.
Les Wazalendo progressent à leur tour
Plus au nord, près de Mweso, la riposte des Wazalendo a permis la prise de Kashanje et Nyampanika, après de violents accrochages ayant poussé de nombreux habitants à abandonner leurs foyers. Des familles entières ont pris la route sans assistance, fuyant vers des zones jugées un peu plus sûres.
Les civils face à l’administration parallèle
Dans les zones récemment conquises, des voix issues de la société civile et de la notabilité locale dénoncent ce qui s’apparente à une installation active d’une administration parallèle imposée par les rebelles.
Chefferies, postes de contrôle, nominations de responsables coutumiers et perception forcée de taxes seraient en cours, selon les témoignages recueillis.
Cette situation complique davantage la gestion des populations civiles, déjà fragilisées par les violences récurrentes, le manque d’accès humanitaire et la fermeture de plusieurs axes routiers.
Nouvelle vague de déplacement de population
Face aux affrontements et à l’expansion des zones contrôlées par les belligérants, un flux important de déplacés se dirige déjà vers le territoire de Walikale, notamment dans le groupement Waloa Yungu, encore relativement épargné. Les familles y arrivent sans vivres, sans assistance médicale et sans abris, selon les premières remontées du terrain.
Alors que l’accord signé à Doha était perçu comme un espoir de trêve, la recrudescence des combats dans le Masisi illustre une réalité opposée : le conflit se réorganise et l’instabilité persiste, au détriment des civils. Les populations locales, prises au piège des affrontements et de l’insécurité, attendent toujours une mise en œuvre concrète des engagements politiques visant à ramener durablement la paix dans l’Est de la RDC.
Ilunga Mubidi Oscar
