Un acte d’une brutalité choquante a été rapporté dans la ville de Goma, chef-lieu du Nord-Kivu actuellement sous contrôle des rebelles de l’AFC-M23. Un homme, père de famille et habitant du quartier Majengo, au nord de la ville, a été violemment tué par plusieurs de ses voisins.
Quatre jours après le drame, son corps n’a toujours pas été enterré, faute de consensus familial et communautaire, alors que la population réclame justice.
Une victime connue pour son calme
Identifiée sous le nom de Borauzima Chivura, la victime était décrite par de nombreux habitants comme un homme calme, respectueux et sans histoire. Malgré cette réputation, certains de ses voisins l’auraient accusé d’être « semeur de troubles », auteur de vols et consommateur de chanvre.
Des allégations catégoriquement rejetées par les jeunes du quartier, qui dénoncent une injustice manifestement préméditée.
Une agression survenue en plein moment de vulnérabilité
Selon des témoignages recueillis sur place, Borauzima traversait un épisode de trouble mental au moment des faits. Sa femme se serait rendue à la pharmacie pour acheter des médicaments destinés à le soigner. C’est durant son absence que les voisins en cause auraient pénétré dans l’enclos familial avant de le rouer violemment de coups.
L’agression, d’une extrême violence, lui a été fatale. Il a succombé sur place, laissant sa famille sous le choc.
Une famille endeuillée et démunie
La mort de Borauzima laisse derrière elle une veuve et cinq enfants désormais orphelins, plongés dans une détresse émotionnelle et matérielle. Les habitants dénoncent une tragédie évitable, amplifiée par l’absence de mécanismes de protection sociale et de prise en charge des personnes en situation de vulnérabilité mentale.
La jeunesse de Majengo met la pression : “La justice sera rendue quoi qu’il arrive”
Face à ce meurtre jugé gratuit et inhumain, les jeunes du quartier Majengo ont exprimé leur indignation. Ils exhortent les autorités de l’AFC-M23, qui ont ouvert une investigation préliminaire, à faire toute la lumière sur cette affaire et à sanctionner les auteurs.
Certains avertissent déjà que si la justice officielle ne s’exerce pas, “la population s’en chargera”, ce qui fait craindre un risque d’escalade ou de justice populaire.
Un silence des autorités qui inquiète
Jusqu’à présent, aucune communication officielle n’a été faite par les autorités locales de Goma, ni par les responsables sécuritaires du mouvement rebelle. Ce silence ravive les tensions et alimente l’impression d’impunité dans une ville déjà éprouvée par la guerre et l’instabilité prolongée.
Une affaire emblématique du climat d’insécurité à Goma
Ce drame met en évidence la fragilité du tissu social à Goma, où les soupçons, la peur et les conflits de voisinage peuvent rapidement tourner au drame en l’absence d’un système judiciaire fonctionnel.
La population attend désormais une enquête crédible, des sanctions exemplaires et un soutien à la famille endeuillée afin d’éviter que des actes similaires ne se répètent.
Ivan Kambere à Butembo
