DRAME-RDC : assassinat par balles d’un journaliste dans un restaurant au Nord-Kivu

La spirale de violences continue d’endeuiller la province du Nord-Kivu. Vendredi 05 décembre 2025, un nouveau drame s’est produit à Katsiru, dans le groupement de Gihondo, territoire de Rutshuru, où des hommes armés non identifiés ont ouvert le feu sur plusieurs civils, tuant notamment le journaliste Rachid Mustapha Kazao, ancien collaborateur de la Radio Télévision Communautaire de Mweso (RTCM).

Une attaque surprise au cœur de la soirée

Selon plusieurs sources locales, l’assaut s’est déroulé peu après la tombée de la nuit. Des hommes lourdement armés ont fait irruption dans un restaurant de Katsiru, tirant à bout portant sur les personnes présentes. Parmi les victimes figure Rachid Kazao, qui revenait de la localité de Bambo au moment des faits.

Les témoins décrivent une scène de panique totale. Les assaillants n’auraient prononcé aucune parole avant d’ouvrir le feu, semant la terreur dans cette cité déjà fragilisée par l’activisme de divers groupes armés.

Un journaliste passionné, contraint d’abandonner son métier

Arrivé à la RTCM en 2018 comme technicien, Rachid Kazao s’était progressivement imposé comme journaliste, reconnu pour son engagement et sa vision professionnelle dans une région où la liberté de la presse reste extrêmement vulnérable.

Mais la prise de Mweso par les rebelles du M23/AFC en 2024 avait bouleversé sa carrière. L’occupation de la cité avait entraîné la fermeture de la station communautaire, poussant plusieurs membres de l’équipe à se disperser.

Rachid, lui, avait dû se reconvertir en conducteur de moto-taxi, travaillant sur les axes Kitshanga–Mweso, Mweso–Goma, Mweso–Bambo et Mweso–Kibirizi, des routes réputées dangereuses en raison des enlèvements, embuscades et tracasseries multiples.

C’est dans l’exercice de cette activité qu’il a été tué.

Un climat de peur grandissant à Mweso et dans ses environs

La mort du journaliste plonge la population de Mweso et de toute la région dans un profond désarroi. Les habitants, déjà traumatisés par les violences récurrentes, redoutent une nouvelle vague d’attaques ciblées.

Dans le territoire de Masisi voisin, où se trouvent de nombreux déplacés et membres de la société civile proches de Rachid, la colère est palpable. Plusieurs acteurs locaux dénoncent une détérioration manifeste du climat sécuritaire, marquée par l’assassinat d’autres civils ces derniers jours, dont un fils du notable Kanoo, tué dans les mêmes circonstances.

Les organisations de défense des droits humains exigent une enquête urgente

Face à cette situation alarmante, les organisations de défense des droits des journalistes montent au créneau. Elles rappellent que l’Est de la RDC est l’une des zones les plus dangereuses du continent pour les professionnels des médias, fréquemment exposés à des menaces, intimidations ou violences armées.

Elles exigent l’ouverture rapide d’une enquête indépendante et transparente pour identifier les auteurs de cet assassinat et les traduire en justice. Elles appellent également les autorités congolaises à renforcer la protection des civils, et en particulier des acteurs de la presse, dont le rôle est crucial dans un contexte de conflit.

Un nouvel épisode de l’insécurité endémique au Nord-Kivu

L’attaque meurtrière de Katsiru s’inscrit dans un cycle de violences sans fin dans les territoires de Rutshuru et Masisi, secoués depuis plus d’une décennie par des affrontements entre forces gouvernementales, groupes armés locaux et mouvements rebelles.

Pour la communauté journalistique du Nord-Kivu, la perte de Rachid Mustapha Kazao est une tragédie supplémentaire qui met en lumière la vulnérabilité extrême des reporters dans cette partie de la RDC.


Muller Mundeke Kalonji

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