Crise en RDC : voici la réaction des USA sur le retard dans le processus de Washington et de Doha

Les USA réagissent sur les retards des accords de Doha et de Washington.

Les États-Unis d’Amérique reconnaissent des lenteurs dans la mise en œuvre des accords issus des processus de Washington et de Doha, tout en réaffirmant leur engagement ferme en faveur du retour durable de la paix en République démocratique du Congo (RDC). Cette position a été exprimée par Massad Boulos, conseiller spécial du président américain Donald J. Trump pour l’Afrique, lors de récentes déclarations publiques.

Un processus de paix complexe mais toujours soutenu

Pour Washington, le retard observé dans l’application de l’accord de Washington ne signifie pas un désengagement. Les autorités américaines soulignent plutôt la complexité inhérente à tout processus de paix, en particulier dans un contexte régional marqué par des tensions persistantes.

« Nous savons que la paix est un processus qui prend du temps. Nous allons rencontrer des obstacles ici et là. Certains problèmes surviendront, mais nous devons rester engagés, et nous le sommes absolument », a déclaré Massad Boulos.

Le conseiller spécial a insisté sur l’implication personnelle du président américain dans ce dossier, rappelant que Donald J. Trump avait assisté à la signature de l’accord de paix, en tant que témoin, aux côtés des présidents congolais et rwandais.

« Le président Trump est engagé. Les deux chefs d’État ont signé cet accord. Nous bénéficions également d’un large soutien africain, européen et international. Il est donc essentiel de poursuivre le processus d’implémentation, même si cela prend du temps », a-t-il ajouté.

La prise d’Uvira, un acte mal perçu par Washington

Massad Boulos est également revenu sur la prise de la ville d’Uvira, intervenue quelques jours seulement après la signature de l’accord de Washington, un événement qui avait suscité une vive réaction des États-Unis.

« Les États-Unis n’ont pas apprécié ce qui s’est passé à Uvira, surtout en raison du timing, juste après la signature de l’accord », a-t-il expliqué.

Selon lui, la réaction américaine a été immédiate, conduisant à des pressions diplomatiques ayant abouti à un retrait qualifié de préliminaire dans les jours qui ont suivi l’incident.

« Nous avons réagi rapidement. Vous avez vu qu’il y a eu un retrait d’Uvira. Certes, certains sujets restent à aborder, mais un pas important a été franchi », a précisé le responsable américain.

Inquiétudes face à la non-application intégrale des accords

Malgré ces avancées ponctuelles, Washington se dit profondément préoccupé par la lenteur et la non-application complète des engagements pris dans le cadre des accords de Washington.

« Nous sommes très inquiets concernant la non-implémentation intégrale de ces accords. Nos déclarations publiques et notre travail des dernières semaines en témoignent », a souligné Massad Boulos.

Il a indiqué que les États-Unis suivent ce dossier au quotidien, aussi bien au niveau de l’exécutif que du législatif, citant notamment des auditions au Congrès et ses propres témoignages devant le sous-comité africain.

Diplomatie active autour de la visite de Félix Tshisekedi à Washington

Dans ce contexte diplomatique intense, Massad Boulos a confirmé la visite officielle du président congolais Félix-Antoine Tshisekedi à Washington, soulignant l’importance de cette étape pour relancer les discussions et renforcer la coopération bilatérale.

« Nous avons eu plusieurs rencontres récentes avec des délégués seniors de la RDC. Le président Tshisekedi est en visite à Washington et pourrait déjà être arrivé. Il devrait rencontrer la secrétaire Rubio et avoir plusieurs réunions importantes à son agenda », a-t-il indiqué.

Les autorités américaines affirment attendre beaucoup de ces échanges, qu’elles considèrent comme une opportunité majeure pour redynamiser la mise en œuvre des accords de paix et consolider les efforts en faveur de la stabilité dans l’Est de la RDC.

Un engagement réaffirmé malgré les défis

En dépit des retards et des violations constatées, Washington maintient que le processus de paix reste la seule voie crédible pour mettre fin aux violences dans l’Est congolais. Les États-Unis assurent qu’ils continueront à jouer un rôle actif, aux côtés des partenaires régionaux et internationaux, afin d’aboutir à une paix durable.


Muller Mundeke Kalonji

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