Crise en RDC : le M23 annonce son intention de libérer des militaires FARDC capturés à Goma et Bukavu

L’Alliance Fleuve Congo (AFC/M23) a annoncé son intention de remettre aux autorités de Kinshasa plusieurs militaires des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) capturés lors des récents affrontements au Nord et au Sud-Kivu, notamment sur les axes menant vers Goma et Bukavu.

La démarche devrait se faire par l’entremise du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), conformément aux mécanismes humanitaires en vigueur en temps de conflit armé.

Cette annonce a été faite par le chef d’état-major de la branche armée du mouvement, le général Sultani Makenga, lors d’une adresse tenue à Rumangabo, dans le territoire de Rutshuru (Nord-Kivu), devant des combattants de l’AFC/M23.

Dans son discours, Makenga a indiqué que les militaires FARDC détenus par le mouvement seraient libres de choisir leur avenir : soit regagner les rangs de l’armée régulière congolaise via Kinshasa, soit, s’ils le souhaitent, rester au sein du mouvement rebelle.

Cette déclaration intervient dans un contexte sécuritaire particulièrement tendu, marqué par une recrudescence des combats et une pression militaire accrue sur plusieurs fronts.

Selon plusieurs sources locales et sécuritaires, cette annonce pourrait être liée à une série récente de défections enregistrées au sein du M23, impliquant des combattants qui auraient quitté la rébellion pour se rendre aux FARDC.

« Après une série de défections d’éléments M23/RDF au sein de la rébellion, le mouvement aurait, selon plusieurs sources, autorisé les militaires qui souhaitent rejoindre les FARDC à le faire », confie une source proche du dossier, tout en appelant à la prudence quant à l’interprétation de cette décision.

Sultani Makenga, l’un des principaux responsables militaires de la rébellion, a précisé que le CICR jouerait un rôle de facilitateur dans ce processus. D’après lui, les opérations d’enregistrement des militaires concernés auraient débuté dès le début du mois de janvier 2026, en vue de leur transfert vers les autorités compétentes.

De son côté, le CICR n’a pas encore officiellement communiqué sur cette annonce, même si l’institution intervient régulièrement dans la facilitation des échanges de prisonniers et la protection des personnes privées de liberté dans les zones de conflit.

L’annonce du M23 suscite de nombreuses interrogations au sein de l’opinion publique et parmi les analystes sécuritaires.

S’agit-il d’un geste à caractère humanitaire destiné à soigner l’image du mouvement sur la scène internationale ? D’une manœuvre visant à répondre aux pressions diplomatiques croissantes exercées sur Kigali et ses alliés présumés ? Ou encore d’une stratégie plus complexe visant à fragiliser les FARDC par d’éventuelles infiltrations ?

« S’agit-il d’une diversion, d’une pression internationale, d’une stratégie d’infiltration des FARDC ou simplement de la volonté d’avancer avec ceux qui adhèrent réellement à leur cause ? L’avenir nous le dira », s’interroge un observateur indépendant de la situation sécuritaire dans l’Est du pays.

En attendant des clarifications officielles de la part du gouvernement congolais et du CICR, cette annonce du M23 ouvre un nouveau chapitre dans une crise qui continue de bouleverser la vie de millions de civils dans l’Est de la République démocratique du Congo.

Ilunga Mubidi Oscar

Related Post

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *