Les pourparlers de paix entre le gouvernement de la République démocratique du Congo et la plateforme politico-militaire AFC/M23 ont repris à Doha, au Qatar, sous la médiation des autorités qatariennes.
Les deux délégations sont de nouveau présentes dans la capitale qatarie, dans un contexte marqué par la poursuite des combats sur le terrain, notamment dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
Des discussions relancées sous médiation qatarienne
Confirmant cette reprise des échanges, Benjamin Mbonimpa, chef de la délégation de l’AFC/M23 à Doha, a indiqué à la presse ce dimanche 1er février 2026 que les discussions se poursuivent activement entre Kinshasa et son mouvement.
« Les pourparlers se poursuivent à Doha entre l’AFC/M23 et le gouvernement de Kinshasa. Les discussions évoluent activement », a-t-il déclaré.
Selon la rébellion, ces échanges visent à finaliser les protocoles encore en suspens de l’accord-cadre signé en novembre dernier à Doha, un texte censé baliser la voie vers un règlement global du conflit.
Six protocoles clés encore en négociation
Sur les huit protocoles prévus pour constituer l’accord final, seuls deux ont été signés à ce jour :
- le protocole sur la libération ou l’échange des prisonniers, paraphé le 14 septembre 2025 ;
- celui portant sur la surveillance et la vérification du cessez-le-feu, signé le 14 octobre 2025.
Les six autres protocoles, jugés plus sensibles, restent à finaliser. Ils portent essentiellement sur des questions politiques, sécuritaires et institutionnelles, ce qui explique la lenteur et la complexité des négociations, selon plusieurs sources proches du dossier.
Des engagements encore sans effets concrets sur le terrain
Malgré les signatures obtenues, les deux protocoles déjà conclus peinent à se matérialiser sur le terrain. Aucun prisonnier n’a, jusqu’ici, été libéré ou échangé entre les parties. De même, le mécanisme conjoint de surveillance du cessez-le-feu n’a tenu qu’une seule réunion, limitée à une simple prise de contact, certaines parties clés ayant brillé par leur absence.
Pendant ce temps, les affrontements entre les Forces armées de la RDC (FARDC) et les combattants de l’AFC/M23 se poursuivent dans plusieurs zones, mettant en évidence l’écart entre les engagements diplomatiques et la réalité militaire.
Un accord-cadre sans cessez-le-feu immédiat
Le 15 novembre 2025, Kinshasa et l’AFC/M23 avaient signé à Doha un nouvel accord-cadre de paix, présenté comme une feuille de route destinée à ouvrir la voie à un règlement durable du conflit. Toutefois, cet accord n’impliquait pas un arrêt immédiat des hostilités, ce qui explique la poursuite des combats malgré le dialogue en cours.
Un fragile espoir pour l’Est du pays
Malgré ces difficultés, la reprise des discussions est perçue par plusieurs acteurs de la société civile congolaise comme un signal encourageant. Beaucoup y voient un mince mais réel espoir pour la paix et le développement dans l’Est de la RDC, une région meurtrie par des décennies d’instabilité et de violences armées.
Reste à savoir si cette nouvelle phase des pourparlers de Doha permettra de franchir un cap décisif et de transformer les engagements diplomatiques en actions concrètes sur le terrain.
Muller Mundeke Kalonji
