La tension militaire s’intensifie dans l’Est de la République démocratique du Congo.
Le gouvernement congolais a formellement dénoncé, ce mercredi, le déploiement de trois nouveaux bataillons de l’armée rwandaise dans la province du Sud-Kivu, une situation qu’il qualifie d’« extrêmement préoccupante » et révélatrice d’une escalade militaire préméditée sur le territoire national.
Une présence militaire dissimulée sous couvert de groupes armés
Dans un communiqué officiel rendu public par le ministère de la Communication et Médias, l’exécutif congolais affirme que ces unités des Forces de défense rwandaises (RDF) ont été discrètement positionnées dans les hauts plateaux d’Uvira, de Fizi et de Mwenga.
Selon Kinshasa, ces troupes opèrent sous l’identité du groupe armé Twirwaneho, une manœuvre destinée à masquer leur véritable origine et à brouiller les responsabilités sur le terrain.
Pour les autorités congolaises, cette stratégie de dissimulation constitue une preuve supplémentaire de l’implication directe du Rwanda dans l’instabilité persistante de l’Est de la RDC, en dépit des engagements régionaux et internationaux pris par Kigali.
Une stratégie militaire orientée vers le Tanganyika
Le gouvernement congolais estime que ce nouveau déploiement s’inscrit dans un plan militaire clairement défini. L’objectif serait une progression vers le territoire de Fizi, suivie d’une avancée sur l’axe stratégique menant à Kalemie, chef-lieu de la province du Tanganyika, une zone à forte valeur géostratégique.
Kinshasa y voit une extension délibérée de l’occupation rwandaise sur son territoire, en violation flagrante de la souveraineté nationale, du droit international et des mécanismes régionaux de paix. À ce titre, les autorités congolaises rejettent fermement les déclarations de Kigali faisant état d’un prétendu retrait de ses troupes, affirmant que les réalités observées sur le terrain démontrent exactement le contraire.
Un lourd bilan humanitaire
Sur le plan humanitaire, la situation est jugée catastrophique. D’après des informations relayées par la société civile locale, consolidées par des sources humanitaires et corroborées par les services étatiques, les opérations militaires menées depuis le début du mois de décembre sur l’axe Kamanyola–Uvira ont provoqué le déplacement de plus de 500 000 personnes.
Le bilan provisoire fait également état de plus de 1 500 civils tués, victimes notamment de bombardements impliquant des bombes lourdes et des drones kamikazes. Ces violences ont aggravé une crise humanitaire déjà critique, marquée par la saturation des sites de déplacés et l’effondrement des services sociaux de base.
Graves violations des droits humains dénoncées
Au-delà des affrontements militaires, Kinshasa alerte sur de graves violations des droits humains attribuées aux forces d’occupation. Le communiqué fait état de pressions exercées sur les populations civiles, contraintes de participer à des marches organisées sous encadrement armé, ainsi que de disparitions inquiétantes de journalistes et d’enlèvements de plusieurs acteurs de la société civile.
Le gouvernement congolais souligne que ces actes constituent des infractions graves au regard du droit international humanitaire et engagent la responsabilité pénale et internationale de leurs auteurs ainsi que de leurs commanditaires.
Appel au retrait immédiat et à l’action internationale
Face à cette situation, Kinshasa exige le retrait immédiat, effectif, vérifiable et sans condition des troupes rwandaises d’Uvira et de l’ensemble des territoires occupés. Cette exigence s’appuie notamment sur la Résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations Unies ainsi que sur les dispositions de l’Accord de paix de Washington.
Le gouvernement congolais appelle également la communauté internationale et ses partenaires à user de tous les leviers diplomatiques, politiques et contraignants afin de mettre un terme aux opérations militaires visant les populations civiles congolaises.
Une détermination réaffirmée
Enfin, l’exécutif national réaffirme sa détermination à rétablir l’autorité de l’État sur toute l’étendue du territoire de la République démocratique du Congo. Il assure poursuivre, sans relâche, les démarches diplomatiques, politiques et judiciaires nécessaires pour que les auteurs de ces crimes répondent de leurs actes devant les instances compétentes.
Muller Mundeke Kalonji
