Les FARDC attaquent les FDLR…
Les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) ont officiellement lancé une opération militaire visant à traquer les combattants des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) encore présents sur le territoire congolais.
L’annonce a été faite ce dimanche au camp Général Bauma, à Kisangani, par le Général Ychaligonza Jacques, commandant adjoint de l’état-major général des FARDC.
Cette opération s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre de l’accord de Washington conclu entre la République démocratique du Congo et le Rwanda, visant notamment à neutraliser les groupes armés étrangers opérant dans l’Est du pays.
Un lancement officiel au camp Général Bauma
À peine arrivé à l’aéroport international de Bangboka, le Général Ychaligonza Jacques s’est immédiatement rendu au centre d’entraînement militaire Général Bauma, où une parade militaire a marqué le lancement officiel de la traque des éléments FDLR.
Devant les troupes mobilisées pour cette mission, le haut responsable militaire a insisté sur la priorité accordée à une reddition volontaire des combattants, tout en affirmant la détermination de l’armée congolaise.
« De gré ou de force, ils doivent nous rendre les armes. Nous n’avons pas besoin d’effusion de sang. Ils doivent se rendre pour regagner leur patrie, le Rwanda. Ce n’est pas ici au Congo », a déclaré le Général Ychaligonza.
Une opération en plusieurs phases
Selon le commandement des FARDC, l’opération a déjà franchi sa première étape, consacrée à la sensibilisation des combattants FDLR afin de les encourager à déposer volontairement les armes.
Les autorités militaires affirment que cette phase préliminaire a été menée avec succès, ouvrant la voie à l’intervention opérationnelle.
Les combattants qui accepteront de se rendre seront cantonnés à Kisangani, dans un site spécialement aménagé pour leur accueil, leur encadrement et leur préparation au rapatriement vers le Rwanda.
Le Général Ychaligonza a tenu à rassurer sur les garanties sécuritaires entourant cette démarche.
« C’est une opération suivie par tout le monde, y compris la communauté internationale, jusqu’au rapatriement effectif de ceux qui se rendront », a-t-il affirmé.
Trois bataillons déjà mobilisés
Pour assurer l’exécution de cette mission, trois bataillons des FARDC sont déjà opérationnels et prêts à être déployés dans les zones ciblées dans un avenir proche.
Cette mobilisation témoigne de la volonté des autorités congolaises d’accélérer la neutralisation des groupes armés étrangers, considérée comme une étape essentielle vers la stabilisation durable de l’Est de la RDC.
Renforcement du commandement militaire dans la 3ᵉ zone de défense
Profitant de sa présence à Kisangani, le commandant adjoint de l’état-major général a également présidé une réunion stratégique avec les responsables militaires de la 3ᵉ zone de défense.
Au cours de cette rencontre, des instructions strictes ont été données aux commandants des grandes unités afin de renforcer la discipline, la coordination opérationnelle et la sécurisation des zones sous leur responsabilité.
La journée s’est clôturée par une séance d’échanges avec les officiers de la garnison de Kisangani, centrée sur l’évaluation de la situation sécuritaire et les défis opérationnels actuels.
Un enjeu majeur pour la paix régionale
La présence des FDLR en territoire congolais constitue depuis plusieurs années une source majeure de tensions sécuritaires et diplomatiques entre Kinshasa et Kigali. Leur neutralisation figure parmi les engagements clés pris dans le cadre des initiatives régionales et internationales visant à restaurer la stabilité dans la région des Grands Lacs.
Le lancement de cette opération pourrait ainsi marquer une étape déterminante dans la mise en œuvre concrète des engagements sécuritaires issus de l’accord de Washington, dont l’évolution sera suivie de près par les partenaires internationaux.
Muller Mundeke Kalonji
