URGENT-RDC : un homme enferme sa femme dans une maison et la brûle avec de l’essence

Un acte d’une extrême violence a été signalé dans le territoire insulaire d’Idjwi, au Sud-Kivu, où un homme identifié sous le prénom de Jules est accusé d’avoir enfermé son épouse dans une maison avant d’y mettre le feu, après l’avoir aspergée d’essence.

La victime, mère de six enfants, a été secourue par des volontaires et conduite dans une structure sanitaire pour recevoir des soins.

Les faits se sont produits dans la journée du jeudi 15 octobre 2026, dans le village de Buhoro 2, situé dans le groupement de Mugote, en chefferie de Ntambuka.

Selon des sources concordantes, le drame aurait été précédé d’une dispute conjugale liée aux activités de pêche de l’homme. Ce dernier aurait reproché à son épouse de ne pas avoir suffisamment surveillé ses activités avant de s’en prendre violemment à elle.

La victime secourue de justesse

D’après le témoignage d’une personne présente sur les lieux, l’homme aurait contraint son épouse à entrer dans leur habitation avant de prendre un bidon d’essence. Il en aurait ensuite déversé une partie sur la victime et une autre dans la maison, avant d’y mettre le feu et de prendre la fuite.

« Il a amené sa femme manu militari dans sa maison, où il a pris un bidon d’essence et a déversé une quantité sur la femme et l’autre sur la maison. Il a mis le feu sur la maison et s’est enfui », rapporte un témoin de l’événement.

La femme a néanmoins eu la vie sauve grâce à l’intervention de volontaires qui ont réussi à la sortir de la maison en flammes. Grièvement blessée, elle a ensuite été acheminée dans une structure médicale pour une prise en charge.

Les circonstances exactes de cet acte, tout comme l’évolution de l’état de santé de la victime, restent à préciser.

La société civile dénonce un acte criminel

Cet événement suscite l’indignation de plusieurs acteurs de la société civile et défenseurs des droits humains dans le territoire d’Idjwi. Ces derniers condamnent fermement les violences infligées à la victime et appellent à l’application de la loi.

Dorcelle Bahagaza, présidente du bureau de coordination de la société civile, forces vives du territoire d’Idjwi, dénonce les violences faites aux femmes et insiste sur la nécessité de traduire l’auteur présumé devant la justice afin qu’il réponde de ses actes.

Elle plaide également pour un accompagnement psychologique et une assistance financière en faveur de la victime, qui a six enfants avec l’homme mis en cause. Au-delà des soins médicaux, cette femme pourrait avoir besoin d’un soutien durable pour faire face aux conséquences physiques, psychologiques et familiales de cette tragédie.

Un appel à la justice et à la lutte contre les violences basées sur le genre

De son côté, Amos Buyeye, défenseur des droits humains et président du bureau de la société civile du groupement de Mpene, condamne également cet acte et appelle les autorités judiciaires à faire toute la lumière sur cette affaire.

« Je condamne cet acte criminel produit par ce papa de Buhoro 2 à Mugote et, comme il est aux arrêts, qu’il subisse la rigueur de la loi pour que ça serve d’exemple aux autres qui sont violents comme lui. Dans cet acte, il y a aussi une violence basée sur le genre qui doit être condamnée dans toutes ses formes », déclare-t-il.

Selon les informations recueillies auprès de nos sources, l’homme mis en cause aurait déjà été arrêté. Cette information reste toutefois à confirmer auprès des services compétents, de même que les éventuelles suites judiciaires de l’affaire.

Protéger les femmes contre les violences conjugales

Ce drame présumé remet en lumière la problématique des violences conjugales et des violences basées sur le genre au sein des communautés. Les différends familiaux, quelles que soient leurs causes, ne sauraient justifier des actes mettant en danger la vie d’un conjoint.

Les acteurs de la société civile appellent ainsi la population à dénoncer les violences domestiques et exhortent les autorités à assurer la protection des victimes, à garantir leur accès aux soins et à veiller à ce que les auteurs présumés répondent de leurs actes devant la justice.

Pour la victime de Buhoro 2 et ses six enfants, les besoins pourraient dépasser la seule prise en charge médicale. Un accompagnement psychologique, social et financier apparaît essentiel pour favoriser leur reconstruction après cette épreuve.

À Idjwi comme ailleurs en République démocratique du Congo, la lutte contre les violences faites aux femmes demeure un enjeu majeur de protection des droits humains. La prévention, la dénonciation des abus et l’accès effectif à la justice constituent des éléments essentiels pour lutter contre l’impunité et prévenir de nouveaux drames.

Suzanne Kalambay Mujinga

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