Le président de la République démocratique du Congo, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, a donné des instructions précises aux Forces armées de la RDC (FARDC) et aux services de sécurité afin qu’ils assurent pleinement la défense de l’intégrité territoriale et la protection des populations civiles ainsi que de leurs biens.
Ces directives ont été communiquées à l’issue d’une réunion du Conseil supérieur de la défense tenue mercredi 14 octobre 2026 à Kinshasa, dans un contexte marqué par la création du Front pour la refondation de la nation (FRN), dirigé par l’ancien président Joseph Kabila Kabange depuis Goma.
C’est à la Cité de l’Union africaine, à Kinshasa, que Félix Tshisekedi a présidé cette réunion stratégique consacrée à l’évaluation de la situation sécuritaire sur l’ensemble du territoire national.
Cette rencontre a réuni plusieurs hauts responsables de l’appareil étatique, notamment la Première ministre, le vice-Premier ministre chargé de la Défense nationale et des Anciens Combattants, ainsi que les responsables des différents services de défense et de sécurité.
Au cours des travaux, le chef d’état-major général des FARDC a présenté une évaluation de la situation opérationnelle des unités militaires déployées dans les différentes zones du pays. Cette présentation devait permettre aux autorités d’examiner les conditions dans lesquelles les forces engagées accomplissent leurs missions face aux défis sécuritaires auxquels la RDC demeure confrontée.
À l’issue de la réunion, le porte-parole des FARDC, le général Sylvain Ekenge, a indiqué que le chef de l’État, en sa qualité de commandant suprême des forces armées, avait donné des instructions précises aux militaires et aux services de sécurité.
La priorité affichée par le président de la République reste la défense de l’intégrité territoriale, ainsi que la protection des populations civiles et de leurs biens.
Cette réunion intervient au lendemain de l’annonce de la création du Front pour la refondation de la nation (FRN), une nouvelle plateforme politico-militaire dirigée par Joseph Kabila Kabange, ancien président de la RDC.
L’annonce a été faite le 12 octobre 2026 à Goma, dans la province du Nord-Kivu, une ville contrôlée par la coalition AFC/M23. La nouvelle structure compte notamment Corneille Nangaa et Bertrand Bisimwa parmi ses vice-présidents, selon les informations communiquées lors de son lancement. Elle est présentée comme succédant à l’ancienne coalition AFC/M23.
L’émergence de cette plateforme ajoute une nouvelle dimension aux tensions politiques et sécuritaires en RDC. Elle intervient alors que les autorités congolaises font face à la persistance du conflit dans l’Est du pays et que des démarches diplomatiques sont engagées pour rechercher une issue à la crise.
Toutefois, aucune déclaration officielle citée à l’issue de la réunion du Conseil supérieur de la défense ne permet d’affirmer que les instructions données aux FARDC constituent exclusivement une réponse à la création du FRN. La présidence a présenté cette rencontre comme une évaluation générale de la situation sécuritaire nationale.
Les instructions présidentielles rappellent les principales missions assignées aux forces de défense et de sécurité : préserver la souveraineté nationale, défendre les frontières du pays et assurer la sécurité des citoyens.
Dans l’Est de la RDC, où les affrontements et l’instabilité continuent de peser sur les populations, ces objectifs représentent un enjeu majeur. Les conséquences du conflit se traduisent notamment par des déplacements de civils, des perturbations des activités économiques et des difficultés d’accès aux services essentiels dans les zones touchées.
La protection des populations civiles demeure ainsi une préoccupation centrale, au même titre que la défense des positions militaires et le rétablissement de l’autorité de l’État dans les territoires affectés par les violences.
Pour l’heure, les informations officiellement communiquées à l’issue du Conseil supérieur de la défense ne détaillent ni les mesures opérationnelles supplémentaires éventuellement décidées ni un calendrier précis de leur mise en œuvre.
La réunion présidée par Félix Tshisekedi intervient donc à un moment important pour la sécurité nationale, marqué à la fois par la poursuite de la crise dans l’Est et par la recomposition des acteurs politico-militaires autour de la création du FRN.
Les prochaines communications des autorités permettront de déterminer si ces instructions s’accompagneront de nouvelles dispositions opérationnelles sur le terrain.
En attendant, le message communiqué par le porte-parole des FARDC est clair : les forces armées et les services de sécurité sont appelés à remplir pleinement leurs missions de défense du territoire national et de protection des civils, dans un contexte où les enjeux sécuritaires demeurent particulièrement sensibles.
Suzanne Kalambay Mujinga
