La nouvelle plateforme politico-militaire dirigée par l’ancien président congolais Joseph Kabila s’apprête à franchir une nouvelle étape dans son organisation.
Le Front pour la Refondation de la Nation (FRN) prévoit de publier, ce mercredi 14 octobre 2026 à Goma, une liste de 12 ministres, selon les informations communiquées autour de cette nouvelle structure.
Cette annonce intervient seulement quelques jours après la création du FRN, rendue publique le lundi 12 octobre à Goma, dans la province du Nord-Kivu. Elle marque une nouvelle phase dans la mise en place des organes de cette plateforme, qui entend se positionner comme une nouvelle force politico-militaire dans le paysage congolais.
Selon les informations disponibles, la publication de cette équipe gouvernementale devrait permettre de préciser les responsabilités attribuées aux personnalités appelées à participer à la direction politique et administrative du mouvement.
Toutefois, les noms des 12 ministres ainsi que leurs éventuels portefeuilles n’étaient pas encore confirmés dans les informations consultées.
Le Front pour la Refondation de la Nation est placé sous la direction de Joseph Kabila Kabange, ancien président de la République démocratique du Congo. Sa création a été annoncée à l’issue de réunions tenues à Goma du 10 au 11 octobre 2026.
D’après les informations rapportées notamment par Actualite.cd, Radio Okapi et Opinion Info, cette nouvelle structure rassemble plusieurs figures importantes de l’ancienne Alliance Fleuve Congo (AFC) et du Mouvement du 23 mars (M23).
Joseph Kabila est secondé par Corneille Nangaa et Bertrand Bisimwa, désignés vice-présidents. Le général-major Emmanuel Sultani Makenga, figure militaire du M23, est présenté comme chef d’état-major général de l’Armée révolutionnaire congolaise (ARC), avec rang de vice-président.
Freddy Rukema Kaniki a, pour sa part, été désigné secrétaire général et coordonnateur du comité exécutif, tandis que Benjamin Mbonimpa occupe les fonctions de secrétaire général adjoint et de coordonnateur adjoint. Ces nominations figurent parmi les premières responsabilités rendues publiques depuis le lancement du mouvement.
La création du FRN s’accompagne d’une réorganisation de la structure politico-militaire jusque-là connue sous le nom d’Alliance Fleuve Congo. Dans sa déclaration politique, le nouveau mouvement annonce la fin de l’existence de l’AFC et affirme lui succéder de plein droit.
Cette réorganisation soulève néanmoins des interrogations sur le fonctionnement des nouvelles institutions, la répartition des responsabilités entre les dirigeants et les relations entre les différentes composantes de cette coalition.
La publication annoncée de 12 ministres pourrait ainsi apporter des précisions sur l’organisation que Joseph Kabila et ses alliés entendent mettre en place. Il reste toutefois nécessaire de connaître la liste officielle des personnalités concernées, leurs attributions et le statut exact de cette équipe au sein du FRN.
L’annonce intervient alors que la situation sécuritaire demeure préoccupante dans l’est de la RDC, notamment au Nord-Kivu et au Sud-Kivu, où le conflit impliquant l’AFC/M23 continue de peser sur les populations civiles et les efforts diplomatiques.
Le lancement du FRN a également suscité des réactions politiques, certains collaborateurs de Joseph Kabila ayant annoncé leur désolidarisation de cette initiative, selon des informations rapportées par Radio Okapi.
Sur le plan politique, cette nouvelle plateforme affirme vouloir œuvrer à la refondation de la nation congolaise et conteste la gouvernance du pouvoir de Kinshasa. Sa déclaration politique évoque également le recours à la force, ce qui inscrit sa création dans un contexte de tensions persistantes entre les acteurs politiques et militaires du pays.
En attendant la publication annoncée de la liste des 12 ministres, l’attention reste tournée vers Goma, où cette éventuelle nouvelle équipe pourrait préciser davantage l’architecture institutionnelle du Front pour la Refondation de la Nation.
La composition complète de cette équipe, les noms des personnalités désignées et les portefeuilles qui leur seraient confiés restent à confirmer officiellement.
Muller Mundeke Kalonji à Beni
