INSOLITE-RDC : un ancien ministre demande à Dieu de retirer cinq ans de sa vie pour les offrir à Félix Tshisekedi

Une déclaration pour le moins surprenante continue de faire réagir l’opinion publique congolaise.

Lors d’une matinée politique organisée à Kinshasa en soutien à l’idée d’un troisième mandat présidentiel, l’ancien ministre de l’Éducation, Willy Bakonga, a publiquement demandé à Dieu de retrancher cinq années de sa propre vie afin de les ajouter à celle du président de la République, Félix Tshisekedi.

Une déclaration inattendue en plein meeting politique

Prenant la parole devant des militants et sympathisants réunis dans la capitale congolaise, Willy Bakonga a exprimé son admiration pour la vision politique du chef de l’État, allant jusqu’à formuler une prière inhabituelle devant l’assistance.

« Devant tout le monde, je demande à Dieu d’enlever cinq années de ma vie et de les ajouter au président Félix Tshisekedi », a-t-il déclaré sous les applaudissements d’une partie du public.

Cette sortie médiatique, rapidement relayée sur les réseaux sociaux, a suscité une vague de commentaires mêlant étonnement, ironie et critiques.

Un contexte politique sensible

La déclaration intervient dans un climat politique déjà marqué par des débats autour de l’avenir institutionnel du pays et des discussions informelles sur la possibilité d’un troisième mandat présidentiel — une question particulièrement sensible dans l’histoire politique récente de la République démocratique du Congo.

Alors que certaines figures politiques multiplient les messages de soutien au président, d’autres voix dénoncent un excès de culte de la personnalité dans un contexte national jugé préoccupant, notamment en raison de la crise sécuritaire persistante dans l’Est du pays.

En effet, pendant que les combats et déplacements de populations continuent d’affecter plusieurs provinces orientales, une partie de l’opinion estime que les priorités politiques devraient davantage se concentrer sur le retour de la paix et la stabilisation des zones en conflit.

Un contraste relevé par l’opinion publique

Sur les plateformes numériques, de nombreux Congolais ont exprimé leur perplexité face à cette déclaration jugée par certains « excessive » ou « symboliquement déplacée » au regard des défis actuels du pays.

Plusieurs internautes ont notamment souligné le contraste entre les préoccupations sécuritaires et humanitaires à l’Est et certaines prises de parole politiques à Kinshasa centrées sur des éloges personnels envers le chef de l’État.

Un parcours politique marqué par plusieurs alliances

La sortie de Willy Bakonga n’a pas manqué de raviver les souvenirs de son parcours politique. Ancien cadre influent sous la présidence de Joseph Kabila, il avait occupé plusieurs fonctions ministérielles et figurait parmi les personnalités politiques ayant affiché une loyauté affirmée envers l’ancien régime.

Ce repositionnement politique alimente aujourd’hui les débats sur l’évolution des alliances et des discours au sein de la classe politique congolaise.

Entre soutien politique et polémique

Si certains partisans du pouvoir voient dans cette déclaration une preuve de fidélité et de reconnaissance envers le président, d’autres y perçoivent une illustration des excès rhétoriques qui caractérisent parfois la scène politique congolaise.

Quoi qu’il en soit, cette prise de parole insolite continue d’alimenter discussions et réactions, confirmant une fois de plus la forte sensibilité de l’opinion publique aux symboles et aux discours politiques dans un pays confronté à d’importants défis sociaux, sécuritaires et institutionnels.


Muller Mundeke Kalonji

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