La situation sécuritaire continue de se détériorer dans l’est de la République démocratique du Congo.
De fortes détonations d’armes lourdes et des explosions ont été signalées ce mardi aux abords de la cité de Sange, située dans la plaine de la Ruzizi, à proximité de Uvira, selon plusieurs sources locales concordantes.
Des affrontements d’intensité élevée signalés
D’après des témoignages recueillis sur place, les tirs ont été entendus dès les premières heures de la matinée, plongeant les habitants dans une vive inquiétude. Les explosions, assimilées à des armes lourdes, laissent présager des affrontements d’une certaine intensité dans cette zone stratégique du Sud-Kivu, déjà fragilisée par des conflits armés récurrents.
La plaine de la Ruzizi, qui relie plusieurs entités sensibles à la frontière burundaise, constitue un corridor stratégique, souvent convoité par différents groupes armés opérant dans la région.
Mitamba sous contrôle du groupe Twirwaneho
Parallèlement, des sources locales rapportent que la localité de Mitamba, située dans la chefferie des Bavira, serait passée sous le contrôle du groupe armé Twirwaneho. Cette prise de position, si elle se confirme, marque une avancée significative de ce mouvement dans les hauts plateaux d’Uvira.
Le groupe Twirwaneho, actif dans cette partie du Sud-Kivu, est régulièrement impliqué dans des affrontements avec d’autres forces locales, notamment dans un contexte de rivalités communautaires et de luttes pour le contrôle territorial.
Une stratégie d’encerclement d’Uvira ?
Ces développements simultanés à Sange et dans les hauts plateaux laissent entrevoir une stratégie coordonnée visant à exercer une pression accrue sur la ville d’Uvira. En multipliant les axes d’instabilité — à la fois dans la plaine et en altitude — les groupes armés pourraient chercher à isoler davantage cette agglomération stratégique.
Uvira, deuxième ville de la province après Bukavu, reste un point névralgique sur les plans sécuritaire, économique et humanitaire.
Un contexte régional sous tension
Cette nouvelle escalade intervient dans un contexte régional particulièrement sensible. La persistance des violences dans l’est de la RDC continue d’alimenter les tensions entre Kinshasa et Kigali, sur fond d’accusations réciproques d’ingérence.
Par ailleurs, la question des avancées de groupes armés dans certaines zones stratégiques, notamment autour d’Uvira, a contribué à durcir les positions de la communauté internationale. La prise de certaines localités à des moments sensibles sur le plan diplomatique figure parmi les facteurs ayant motivé des sanctions américaines visant des éléments de l’armée rwandaise, accusée par Kinshasa de soutenir des mouvements rebelles actifs sur le sol congolais.
Une situation humanitaire préoccupante
Face à cette recrudescence des violences, la population civile reste la première victime. Plusieurs habitants de Sange et des environs envisageraient déjà de fuir vers des zones jugées plus sûres, craignant une intensification des combats dans les heures ou jours à venir.
À ce stade, aucune communication officielle détaillée n’a encore été faite par les autorités locales ou les forces de sécurité sur l’évolution exacte de la situation.
Ivan Kambere à Butembo
