RDC : voici ce qui s’est réellement passé lors de la frappe de drone des FARDC à Rubaya

Une frappe de drone attribuée aux Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) a visé, dans la nuit du lundi à ce mardi 24 février 2026, une position stratégique de la rébellion à Rubaya, en territoire de Masisi (Nord-Kivu).

L’attaque, survenue vers 2h40 du matin, aurait causé d’importants dégâts humains et matériels dans les rangs de l’Alliance Fleuve Congo – M23 (AFC-M23).

Une frappe ciblée au cœur du bastion rebelle

Selon des sources locales concordantes, le drone a frappé une maison d’habitation située dans la ferme de Kasuku, dans la cité minière de Rubaya, bastion stratégique de la rébellion depuis sa prise le 30 avril 2024. Cette zone est au cœur du carré minier riche en coltan, un minerai stratégique pour l’industrie électronique.

Des témoins contactés sur place affirment que la déflagration a été entendue dans plusieurs quartiers de Rubaya, provoquant une panique généralisée au sein de la population.

« L’explosion était très forte. Nous avons cru à une offensive terrestre. Les habitants ont passé le reste de la nuit cachés dans leurs maisons », confie un habitant joint par téléphone.

Willy Ngoma tué, Makenga blessé ?

Parmi les victimes figure le colonel Willy Ngoma, porte-parole militaire de l’AFC-M23, considéré comme le principal visage médiatique du mouvement. Sa mort, si elle est confirmée de manière indépendante, constituerait un coup dur pour la rébellion.

Toujours selon des sources locales, neuf corps auraient été extraits des décombres, dont deux combattants étrangers présentés comme des « mercenaires blancs ».

Des informations non encore confirmées officiellement indiquent également que le général Sultani Makenga, chef militaire du M23, aurait été blessé lors de cette frappe. Aucune communication formelle des FARDC ne confirme, à ce stade, ce bilan.

D’autres sources évoquent aussi la mort du colonel Gacheri, présenté comme le frère aîné de Bahati Musanga Erasto, gouverneur rebelle autoproclamé du Nord-Kivu sous administration M23. Cette information reste à vérifier.

L’AFC-M23 dénonce un « crime de guerre »

Dans un communiqué publié quelques heures après l’attaque, la rébellion accuse la coalition formée par les FARDC et les combattants Wazalendo d’avoir « bombardé aveuglément » la cité de Rubaya.

Lawrence Kanyuka, porte-parole politique du mouvement, a qualifié l’opération d’« acte barbare constituant un crime contre l’humanité et un crime de guerre ».

Dans un second communiqué, l’AFC-M23 accuse Kinshasa d’avoir « foulé aux pieds le cessez-le-feu » et d’avoir déclenché « une guerre totale » sur plusieurs lignes de front.

Le mouvement affirme qu’à 7h00 le même mardi, d’autres frappes et attaques auraient visé ses positions à Kitendebwa, Kashihe et Kiduveri, dans le territoire de Kalehe (Sud-Kivu).

Intensification des opérations autour de Rubaya

Cette frappe intervient dans un contexte de forte intensification des opérations militaires dans l’est de la RDC. Depuis le week-end dernier, des sources locales signalent une pression accrue des FARDC et des groupes d’autodéfense Wazalendo contre les positions rebelles au Nord-Kivu et au Sud-Kivu.

Des responsables wazalendo affirment avoir infligé de lourdes pertes aux combattants du M23, évoquant une cinquantaine de morts et plusieurs capturés ces derniers jours. Un bilan qui demeure toutefois impossible à vérifier de manière indépendante.

Rubaya reste un enjeu stratégique majeur en raison de ses ressources minières et de sa position géographique dans le territoire de Masisi. La frappe de ce mardi pourrait marquer un tournant dans la bataille pour le contrôle de cette zone hautement sensible.

En attendant une communication officielle des FARDC sur cette opération, la situation demeure tendue dans et autour de la cité minière, où la population civile craint une escalade des combats.

Ivan Kambere à Butembo

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