Un nouveau cas présumé de « disparition d’organe génital masculin » a été signalé dans l’Est de la République démocratique du Congo, relançant un phénomène qui avait déjà semé la panique ces dernières semaines dans la province du Maniema. Cette fois, les faits se seraient produits à Kalemie, chef-lieu du Tanganyika.
Une scène de panique sur l’avenue Makala
Selon des vidéos et images devenues virales sur les réseaux sociaux, l’incident se serait déroulé sur l’avenue Makala (Route Makala). Un jeune homme d’environ 19 ans, identifié par des proches sous le sobriquet de « Chino », aurait salué un individu croisé en cours de route.
Peu après cette interaction, le jeune homme aurait affirmé avoir constaté la « disparition » soudaine de son organe génital. Pris de panique, il aurait alerté les riverains. Ces derniers se sont rapidement mobilisés, maîtrisant le présumé suspect accusé d’être à l’origine de l’acte.
D’après les témoignages relayés en ligne, l’homme interpellé aurait alors effectué des gestes assimilés à une « cérémonie » ou à un rituel, après quoi la victime aurait déclaré que son organe était « revenu à la normale ». Ces affirmations n’ont, à ce stade, fait l’objet d’aucune confirmation médicale officielle.
Tentative de justice populaire évitée
La tension est rapidement montée dans le quartier. La foule, convaincue de la culpabilité du suspect, aurait tenté de se faire justice elle-même. Des scènes de violence étaient redoutées lorsque les forces de l’ordre sont intervenues pour extraire le présumé auteur des mains de la population.
Grâce à cette intervention, un lynchage a été évité de justesse. Les autorités locales n’ont pas encore communiqué officiellement sur l’ouverture d’une enquête, mais des sources sécuritaires indiquent que le suspect aurait été conduit dans un poste de police pour sa propre sécurité et pour les besoins d’investigation.
Un phénomène déjà signalé à Kindu et Kamitu
Ce nouvel épisode intervient alors que des cas similaires avaient été rapportés récemment à Kindu, capitale provinciale du Maniema. Le mois dernier, un autre incident présumé avait également été signalé à Kamitu, alimentant rumeurs et psychose au sein de la population.
Dans plusieurs de ces cas, aucune preuve scientifique ou médicale n’a été rendue publique pour attester d’une disparition physique réelle et permanente des organes génitaux. Des observateurs évoquent plutôt des phénomènes de panique collective, parfois amplifiés par les réseaux sociaux et les croyances liées à la sorcellerie.
Entre rumeurs, croyances et nécessité d’enquête
Face à la multiplication de ces récits, des voix s’élèvent pour appeler au calme et à la prudence. Des professionnels de santé rappellent que toute affirmation de disparition d’un organe doit impérativement faire l’objet d’un examen médical rigoureux avant de tirer des conclusions.
Les autorités, de leur côté, sont appelées à communiquer clairement afin d’éviter la propagation de fausses informations et surtout prévenir les cas de justice populaire, souvent lourds de conséquences.
En attendant des clarifications officielles, ces affaires continuent d’alimenter débats et inquiétudes dans plusieurs provinces de l’Est de la RDC, où la frontière entre faits avérés, rumeurs et croyances demeure parfois difficile à établir.
Suzanne Kalambay Mujinga
