La présence de militaires français a été signalée ce dimanche matin à Kisangani, chef-lieu de la province de la Tshopo, suscitant de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux.
Plusieurs images et témoignages circulant en ligne font état de mouvements de soldats identifiés comme appartenant aux forces armées françaises.
Rapidement, des interrogations ont émergé au sein de l’opinion publique, certains internautes s’interrogeant sur la nature et les objectifs de cette présence, dans un contexte marqué par la poursuite des affrontements entre les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et les rebelles du Mouvement du 23 mars (M23) dans l’Est du pays.
Une mission « officielle et transparente », selon une source militaire
Contactée par notre rédaction, une source sécuritaire congolaise a tenu à clarifier la situation. Selon cet officier des FARDC, ayant requis l’anonymat :
« Les militaires français sont au Congo dans un cadre officiel et non caché, contrairement à ce que certains médias rwandais veulent faire croire. Il y a des instructeurs français, belges et d’autres partenaires pour la formation des unités de commandos Jungle et des unités de réaction rapide (URR). Il n’y a rien à cacher ici. »
D’après cette source, la présence de ces instructeurs s’inscrit dans le cadre de la coopération militaire bilatérale entre la République démocratique du Congo et plusieurs pays partenaires, notamment la France et la Belgique.
Un contexte sécuritaire tendu
Cette révélation intervient alors que la RDC fait face à une situation sécuritaire particulièrement volatile dans sa partie orientale. Les combats contre le M23, soutenu selon Kinshasa par le Rwanda — accusation régulièrement rejetée par Kigali — ont ravivé les tensions diplomatiques et alimenté une guerre de communication dans la sous-région.
Dans ce climat, toute présence militaire étrangère sur le sol congolais est scrutée de près par l’opinion publique et les acteurs politiques.
Coopération militaire : une pratique ancienne
La coopération militaire entre la RDC et ses partenaires occidentaux ne date pas d’hier. Depuis plusieurs années, des programmes de renforcement des capacités des FARDC sont mis en œuvre, notamment dans les domaines :
- de la formation des forces spéciales ;
- du combat en milieu forestier (Jungle) ;
- de la réaction rapide face aux groupes armés ;
- et du commandement opérationnel.
Selon des analystes sécuritaires, la formation des unités de commandos Jungle et des URR vise à adapter les forces congolaises aux réalités du terrain, en particulier dans les zones forestières et enclavées de l’Est.
Entre rumeurs et réalités
Sur les réseaux sociaux, certains commentaires ont tenté d’établir un lien direct entre la présence de militaires français à Kisangani et les opérations en cours contre le M23. À ce stade, aucune source officielle n’indique une implication directe de ces militaires dans des combats.
Les autorités congolaises n’ont pas encore publié de communiqué officiel détaillant la mission exacte de ces instructeurs. Toutefois, les premières indications recueillies suggèrent qu’il s’agirait d’un appui technique et formatif, inscrit dans un cadre légal et connu des institutions de la République.
En attendant une communication officielle plus exhaustive, la situation reste suivie de près par les observateurs nationaux et internationaux.
Nous continuerons à vous tenir informés de toute évolution sur ce dossier.
Ilunga Mubidi Oscar
