RDC : Voici la réaction de Kinshasa après l’apparition de Claude Ibalanky aux côtés de Nangaa et Bisimwa à Goma

L’apparition publique de Claude Ibalanky Ekolomba aux côtés de Corneille Nangaa et de Bertrand Bisimwa, figures clés de l’Alliance Fleuve Congo (AFC) et du mouvement rebelle M23, continue de provoquer une onde de choc sur la scène politique congolaise.

À Kinshasa, cette image, largement relayée ce samedi à Goma, est perçue comme un signal politique fort, voire inquiétant, dans un contexte sécuritaire déjà extrêmement tendu à l’est de la République démocratique du Congo.

Jacquemin Shabani tire la sonnette d’alarme

Réagissant à cette apparition jugée troublante, Jacquemin Shabani Lukoo, cadre de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), n’a pas mâché ses mots. Dans une déclaration publique, il affirme que « le Rwanda et son agent Joseph Kabila ont décidé de congoliser la rébellion de l’AFC/M23 ».

Selon lui, cette stratégie viserait à donner un visage congolais à une rébellion longtemps dénoncée par Kinshasa comme étant soutenue de l’extérieur.

« Des sommes d’argent importantes seraient mises à disposition pour attirer et intégrer des Congolais considérés comme des traîtres à la cause nationale », a-t-il ajouté, évoquant une manœuvre destinée à brouiller les pistes et à affaiblir la position diplomatique de la RDC.

Le profil sensible de Claude Ibalanky

La présence de Claude Ibalanky dans un tel contexte suscite d’autant plus de remous que l’homme n’est pas un inconnu dans les arcanes du pouvoir. Ancien coordonnateur du Mécanisme national de suivi de l’Accord-cadre d’Addis-Abeba (MNS), il était chargé de veiller au respect des engagements régionaux en matière de paix, de sécurité et de stabilité dans la région des Grands Lacs.

Le 23 mai 2023, il avait été nommé ambassadeur itinérant du président Félix Tshisekedi, une fonction stratégique qui supposait une loyauté sans faille à la ligne officielle de l’État congolais, notamment sur le dossier sensible de l’agression dans l’Est.

Une image lourde de symboles

Voir une personnalité ayant occupé de telles fonctions aux côtés de Corneille Nangaa, ancien président de la CENI devenu opposant radical, et de Bertrand Bisimwa, leader politique du M23, est interprété par plusieurs observateurs comme un acte à forte portée symbolique. Pour Kinshasa, cela renforce la thèse d’une tentative délibérée de légitimer politiquement la rébellion en l’enrobant de figures congolaises connues.

Un contexte régional explosif

Ces révélations interviennent alors que les relations entre la RDC et le Rwanda demeurent exécrables. Kinshasa accuse Kigali de soutenir activement les rebelles de l’AFC/M23, accusations régulièrement rejetées par les autorités rwandaises. Sur le terrain, les combats se poursuivent, provoquant des déplacements massifs de populations civiles et aggravant la crise humanitaire au Nord-Kivu.

Silence officiel, mais inquiétudes croissantes

Jusqu’à présent, le gouvernement congolais n’a pas encore réagi officiellement à ces accusations précises visant Claude Ibalanky. Toutefois, en coulisses, plusieurs sources évoquent une vive préoccupation au sommet de l’État. Cette affaire pourrait non seulement accentuer les tensions politiques internes, mais aussi compliquer davantage les efforts diplomatiques régionaux et internationaux en faveur d’une désescalade.

Une chose est sûre : l’apparition de Claude Ibalanky à Goma marque un tournant symbolique dans la crise actuelle et risque de raviver le débat sur les complicités internes, réelles ou supposées, autour de la rébellion de l’AFC/M23.

Ivan Kambere à Butembo

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