Crise en RDC : les facilitateurs rencontrent Paul Kagame pour une paix rapide dans l’Est

La dynamique diplomatique autour de la crise sécuritaire persistante dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC) s’est intensifiée cette semaine.

Au lendemain de leur rencontre avec le président congolais Félix-Antoine Tshisekedi à Kinshasa, les facilitateurs désignés par l’Union africaine (UA) ont été reçus, vendredi 30 janvier à Kigali, par le président rwandais Paul Kagame, dans un contexte régional marqué par de fortes tensions et des accusations persistantes visant le Rwanda.

Une médiation africaine sous haute pression

Alors que Kigali est régulièrement accusé par Kinshasa et plusieurs rapports internationaux de soutenir le groupe armé AFC/M23, actif au Nord-Kivu et au Sud-Kivu, cette rencontre s’inscrit dans les efforts de l’Union africaine visant à relancer une médiation africaine crédible et coordonnée pour mettre fin au conflit.

Le panel de co-facilitateurs de l’UA, composé de cinq anciens chefs d’État africains, a ainsi poursuivi sa mission diplomatique après l’étape de Kinshasa, où il avait échangé, jeudi 29 janvier, avec le président Félix Tshisekedi sur les exigences de la RDC en matière de sécurité, de souveraineté nationale et de retrait des forces étrangères présumées présentes sur son territoire.

Deux temps forts à Kigali

À Kigali, les échanges se sont déroulés en deux séquences distinctes. La première a pris la forme d’un entretien en tête-à-tête entre le président rwandais Paul Kagame et son homologue togolais Faure Gnassingbé, récemment désigné par l’Union africaine comme médiateur principal du conflit dans l’est de la RDC. Cette rencontre bilatérale a permis aux deux dirigeants d’aborder directement les enjeux régionaux et les attentes liées au processus de médiation.

La seconde réunion a réuni, autour des deux chefs d’État, quatre des cinq anciens présidents membres du panel de l’UA, à savoir Olusegun Obasanjo du Nigeria, Catherine Samba-Panza de la République centrafricaine, Sahle-Work Zewde d’Éthiopie et Mokgweetsi Masisi du Botswana.

Cette composition illustre la volonté de l’Union africaine d’impliquer des figures politiques expérimentées, issues de différentes régions du continent, afin de donner plus de poids et de crédibilité à la démarche.

Sécurité, engagements diplomatiques et coordination régionale

Selon un communiqué de la présidence rwandaise, les discussions ont porté sur la situation sécuritaire dans l’est de la RDC, l’état d’avancement des engagements diplomatiques déjà pris dans le cadre des processus régionaux existants, ainsi que sur les mécanismes à renforcer pour une meilleure coordination des efforts de médiation, tant au niveau régional que continental.

Si aucun détail précis n’a filtré sur les positions défendues par Paul Kagame lors de ces échanges, cette rencontre intervient à un moment crucial, alors que les combats se poursuivent sur le terrain et que la situation humanitaire continue de se détériorer dans plusieurs zones du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.

Vers une « solution africaine » ?

À l’issue de cette étape rwandaise, le président togolais Faure Gnassingbé a annoncé la poursuite de ses consultations diplomatiques. Dans un communiqué, les autorités togolaises ont affirmé que ces démarches visent à « parvenir à une solution africaine à ce conflit », conformément à la vision de l’Union africaine de privilégier les mécanismes continentaux pour la résolution des crises régionales.


Muller Mundeke Kalonji

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