RDC : Corneille Nangaa confirme la collaboration de L’AFC-M23 avec le Rwanda et l’Ouganda

Le coordonnateur politique de l’Alliance Fleuve Congo (AFC), plateforme politico-militaire incluant le mouvement rebelle M23, Corneille Nangaa, a reconnu publiquement l’existence d’une collaboration entre son mouvement, le Rwanda et l’Ouganda.

Ces déclarations ont été faites lors d’une interview accordée au média rwandais IGIHE, relançant le débat sur les alliances régionales dans le conflit qui secoue l’Est de la République démocratique du Congo.

Une collaboration assumée, mais sans soutien militaire selon Nangaa

Dans cet entretien, l’ancien président de la CENI affirme sans détour :

« Je confirme que nous collaborons, pas seulement avec le Rwanda, mais aussi avec l’Ouganda ».

Toutefois, Corneille Nangaa tient à établir une distinction entre collaboration et soutien :

« Collaboration ne signifie pas soutien », insiste-t-il, rejetant les accusations selon lesquelles Kigali appuierait militairement l’AFC/M23.

Selon lui, cette collaboration repose essentiellement sur des intérêts sécuritaires communs, notamment la question des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), un groupe armé hostile au régime rwandais, mais également accusé de graves exactions contre les civils congolais.

« Les FDLR ont pour mission d’aller déstabiliser le pouvoir à Kigali. En étant au Congo, ces mêmes FDLR tuent la population congolaise », affirme-t-il.

Les frontières comme espaces de coopération pratique

Corneille Nangaa met également en avant la réalité géographique et économique des zones frontalières pour justifier cette collaboration. Il évoque notamment les postes de passage entre la RDC et le Rwanda, tels que :

  • la grande et la petite barrière de Goma,
  • Bukavu–Cyangugu,
  • Bugarama,

où, selon lui, plus de 40 000 personnes traversent chaque jour.

« Nous avons des frontières communes où la collaboration entre services d’immigration est une nécessité pour la vie quotidienne des populations », explique-t-il.

Du côté de l’Ouganda, Nangaa cite les postes de Bunagana et Ishasha, affirmant que les échanges et la coordination existent également.

« Aujourd’hui, pour arriver à Goma, il faut passer par Kigali ou Kampala », ajoute-t-il, soulignant l’interdépendance régionale.

Une déclaration qui ravive les tensions diplomatiques

En affirmant cette collaboration tout en niant tout soutien, Corneille Nangaa adopte une ligne de défense qui risque toutefois de raviver les soupçons au sein de l’opinion congolaise et de la communauté internationale d’autant plus que les experts de l’ONU ont déjà confirmé à maintes reprises le soutien de ces deux pays au M23.

La poursuite du combat contre le régime Tshisekedi

Enfin, le coordonnateur politique de l’AFC/M23 ne cache pas les ambitions de son mouvement. Il a réitéré sa détermination à poursuivre la lutte armée contre le pouvoir de Kinshasa, qu’il accuse d’injustice, d’exclusion politique et de mauvaise gouvernance.

« Notre combat contre le régime de Félix Tshisekedi continue », a-t-il martelé, confirmant que la voie militaire reste privilégiée par la plateforme qu’il dirige.

Une sortie médiatique lourde de conséquences

Cette interview marque l’une des déclarations les plus explicites de Corneille Nangaa sur les relations entre l’AFC/M23 et les pays voisins. Si elle se veut explicative et justificative, elle pourrait néanmoins avoir des répercussions politiques, sécuritaires et diplomatiques majeures, dans une région déjà fragilisée par des décennies de conflits armés.


Muller Mundeke Kalonji

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