Crise en RDC : des commandants de la CIRGL choisis pour mener une mission spéciale sur les lignes de front entre FARDC et M23

La Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL) a franchi une nouvelle étape dans les efforts régionaux visant à contenir l’escalade des violences armées dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC).

Réunis en session extraordinaire le 10 janvier 2026 à Livingstone, en Zambie, les ministres de la Défense des États membres ont adopté une série de décisions stratégiques destinées à renforcer le suivi du cessez-le-feu entre les Forces armées de la RDC (FARDC) et la rébellion du M23.

Un consensus régional autour du mécanisme de vérification

À l’issue de cette rencontre de haut niveau, les délégations de l’Angola, du Burundi, de la République centrafricaine, du Congo, de la RDC, du Kenya, du Rwanda, du Soudan, de la Tanzanie, de l’Ouganda et de la Zambie ont approuvé un mémorandum d’entente relatif au Mécanisme conjoint de vérification élargi plus (EJVM+).

Ce dispositif vise à assurer une supervision indépendante et régionale du cessez-le-feu, ainsi qu’un contrôle permanent des mouvements militaires le long des lignes de front, notamment dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.

Les ministres ont également validé les termes de référence encadrant le déploiement opérationnel de l’EJVM+, incluant les modalités d’accès aux zones sensibles, les mécanismes de rapport, ainsi que la coordination avec les forces nationales et les initiatives diplomatiques en cours.

Un commandement confié à la Zambie et à l’Angola

Dans la foulée, la CIRGL a procédé à la désignation du commandement militaire chargé de piloter ce mécanisme régional.

Le général de brigade Charles Simuyuni Nakeempa, officier supérieur des Forces armées zambiennes, a été nommé commandant de l’EJVM+. Il sera secondé par le colonel Arlindo Sebastião Vandunem Fernandes, des Forces armées angolaises, désigné commandant adjoint.

Selon plusieurs sources diplomatiques, ce choix répond à la volonté de la CIRGL de confier la supervision du cessez-le-feu à des pays perçus comme relativement neutres, tout en s’appuyant sur leur expérience dans les missions régionales de maintien de la paix.

Dans le sillage des accords de Washington et de Doha

Cette décision s’inscrit dans la mise en œuvre des accords de Washington et de Doha, qui appellent à une désescalade immédiate, au respect du cessez-le-feu, ainsi qu’à la relance d’un dialogue politique et sécuritaire entre les parties concernées.

Les officiers nouvellement nommés auront pour mission principale de surveiller le respect des engagements pris, d’identifier les violations éventuelles et d’en faire rapport aux instances compétentes de la CIRGL.

Réaffirmation du pacte de non-agression

Les ministres de la Défense ont, par ailleurs, réaffirmé leur attachement au pacte de non-agression entre les États membres de la CIRGL, insistant sur la nécessité de s’abstenir de tout soutien direct ou indirect aux groupes armés opérant dans la région.

Ils ont également souligné l’imminence de l’entrée en vigueur effective du cessez-le-feu, présenté comme une étape cruciale vers la stabilisation durable de l’Est de la RDC et la restauration de la confiance entre les États de la région des Grands Lacs.

Un nouvel élan pour la paix, sous haute surveillance

Dans un contexte marqué par la persistance des affrontements, les déplacements massifs de populations civiles et une crise humanitaire aiguë, la CIRGL espère que le renforcement de l’EJVM+ permettra de réduire les tensions sur le terrain et de créer les conditions favorables à une solution politique durable.

Reste à savoir si ces engagements régionaux, une fois traduits en actes concrets sur les lignes de front entre les FARDC et le M23, parviendront à mettre fin à un conflit qui continue de fragiliser la sécurité et la stabilité de toute la sous-région.


Ilunga Mubidi Oscar

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