DRAME/RDC : assassinat par balle d’un professeur d’université

La communauté universitaire congolaise est en deuil. Le professeur Mathieu Abata Diabar Sona, enseignant à l’Université de Kinshasa (UNIKIN), a été abattu à son domicile dans la commune de Lemba, à Kinshasa, lors d’une attaque armée survenue dans la nuit de dimanche à lundi.

Ce crime odieux, suivi d’un acte de justice populaire d’une extrême violence, a profondément choqué l’opinion publique.

Une attaque armée fatale au cœur de la nuit

Selon des sources familiales concordantes, six hommes armés auraient fait irruption dans la résidence du professeur aux alentours de 23 heures, voire entre 1h et 2h du matin, selon d’autres témoignages du voisinage. Les assaillants auraient exigé de l’argent et des objets de valeur.

Malgré la remise de 7 000 dollars américains et d’une chaînette en or, l’un des malfrats aurait tiré à bout portant sur le professeur Abata Diabar, le tuant sur le champ avant de prendre la fuite avec ses complices. L’enseignant, respecté pour son parcours académique et son engagement au sein de l’UNIKIN, n’a pas survécu à ses blessures.

Un suspect reconnu et lynché par la population

Le drame a pris une tournure encore plus tragique le lendemain. L’un des présumés auteurs serait revenu sur les lieux, tentant de se mêler aux proches de la victime sous couvert de présenter des condoléances. Il aurait alors été formellement reconnu par le fils du professeur.

Alertés, les habitants du quartier se sont emparés de l’homme, l’accusant d’être impliqué dans l’assassinat. Dans une scène d’une violence extrême, le suspect a été ligoté, lynché puis brûlé vif. Des vidéos insoutenables de cet acte de justice populaire circulent abondamment sur les réseaux sociaux, suscitant indignation, effroi et débats passionnés.

Silence et lenteur de la Police vivement critiqués

Autre élément troublant : la lenteur de l’intervention policière. Des témoins affirment que le poste de police se trouve à proximité du lieu du drame, mais que les forces de l’ordre ne sont intervenues que plusieurs heures après les faits, tant lors de l’assassinat que lors du lynchage.

Cette situation relance avec force la question de l’efficacité des services de sécurité dans les quartiers résidentiels de Kinshasa, où les cas de braquages armés deviennent récurrents.

Un quartier sous tension sécuritaire

Il convient de rappeler que ce même quartier de Lemba avait déjà été le théâtre d’un braquage armé le 24 décembre dernier, au cours duquel des malfrats avaient emporté plus de 4 000 dollars américains, sans faire de victimes. Une succession d’événements qui alimente le sentiment d’abandon et de vulnérabilité chez les habitants.

Émotion et indignation à l’UNIKIN

À l’Université de Kinshasa, collègues, étudiants et autorités académiques expriment une profonde consternation. Plusieurs voix appellent à une enquête sérieuse, à l’identification de tous les complices encore en fuite et à des mesures urgentes pour renforcer la sécurité des enseignants et chercheurs.

Entre insécurité et justice populaire

Ce double drame met en lumière deux maux persistants à Kinshasa :

  • l’insécurité urbaine croissante,
  • et le recours à la justice populaire, symptôme d’un profond déficit de confiance envers les institutions chargées de faire respecter la loi.

Alors que la famille du professeur Abata Diabar pleure un père et un intellectuel de valeur, la société congolaise est une fois de plus interpellée sur l’urgence de restaurer l’autorité de l’État et de garantir la sécurité des citoyens.


Ilunga Mubidi Oscar

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