Insolite : un jeune homme poursuit ses parents en justice pour être né sans son consentement

Une affaire pour le moins déroutante secoue l’opinion publique indienne et relance un débat philosophique mondial : celui du droit à la naissance. Raphaël Samuel, 27 ans, habitant de Mumbaï, a annoncé avoir engagé une procédure judiciaire contre ses propres parents pour l’avoir mis au monde sans son consentement préalable.

Dans une déclaration largement relayée par les médias indiens et internationaux, le jeune homme affirme ne nourrir aucune haine envers ses parents, tout en contestant le principe même de sa naissance.

« J’aime mes parents, mais ils m’ont eu pour leur joie et leur plaisir. Leur vie a été merveilleuse, mais je ne vois pas pourquoi je devrais passer la mienne à souffrir dans une carrière alors que je n’ai jamais demandé à exister », explique-t-il.


Une action symbolique aux limites juridiques évidentes

D’un point de vue strictement légal, plusieurs juristes indiens soulignent que la plainte de Raphaël Samuel a très peu de chances d’aboutir.

Le droit indien comme la majorité des systèmes juridiques à travers le monde  ne reconnaît pas la possibilité d’un consentement préalable à la naissance. La procédure engagée apparaît donc avant tout comme un acte symbolique, visant à provoquer un débat sociétal plutôt qu’à obtenir une condamnation effective de ses parents.

Raphaël Samuel ne réclamerait d’ailleurs pas de compensation financière, mais souhaiterait attirer l’attention sur ce qu’il considère comme une injustice morale profondément ancrée dans les sociétés humaines.


L’anti-natalisme au cœur du débat

Le jeune homme se revendique ouvertement du mouvement anti-nataliste, une philosophie qui considère que donner naissance à un enfant constitue un acte moralement discutable, voire condamnable. Selon cette doctrine, l’existence est indissociable de la souffrance : travailler pour survivre, faire face aux maladies, aux frustrations, aux crises économiques et aux catastrophes environnementales.

Les anti-natalistes estiment ainsi qu’il est plus éthique de ne pas créer de nouvelles vies, surtout dans un monde marqué par la surpopulation, le réchauffement climatique, la faim, les inégalités sociales et les conflits armés.

« La naissance est une condamnation, pas un cadeau », martèlent-ils.

Sur plusieurs plateformes et sites militants, des slogans volontairement provocateurs circulent, tels que :
« L’existence exige du travail. Est-ce qu’une personne censée aime travailler ? Arrêtez l’élevage ! »


“Pourquoi créer quand on peut adopter ?”

Un autre argument central du mouvement anti-nataliste repose sur l’adoption. Ses partisans rappellent qu’il existe déjà des millions d’enfants orphelins ou abandonnés à travers le monde. Selon eux, donner naissance à un nouvel enfant revient à satisfaire un désir personnel des parents, au détriment de ceux qui sont déjà là et manquent de protection, d’éducation ou d’amour.

Raphaël Samuel soutient cette position, estimant que la parentalité devrait être repensée sous l’angle de la responsabilité collective plutôt que du simple accomplissement individuel.


Une affaire qui divise l’opinion

L’initiative du jeune Indien suscite de vives réactions. Certains internautes saluent son courage intellectuel et sa cohérence philosophique, voyant en lui un symbole de remise en question des normes sociales traditionnelles. D’autres, en revanche, dénoncent une démarche absurde, ingrate ou irrespectueuse envers les parents, rappelant que la vie humaine repose aussi sur l’imprévu et la transmission.

Des psychologues, quant à eux, appellent à distinguer le débat philosophique de la détresse existentielle que pourrait traduire un tel discours, soulignant l’importance de l’accompagnement psychologique dans un monde de plus en plus anxiogène.


Un débat appelé à se poursuivre

Même si la justice indienne venait à classer l’affaire sans suite, le cas de Raphaël Samuel a déjà atteint son objectif principal : ouvrir un débat mondial sur le sens de la vie, la responsabilité parentale et les limites éthiques de la procréation.

À l’ère des crises multiples et de la remise en question des modèles traditionnels, cette affaire insolite pourrait bien n’être que le symptôme d’un malaise plus profond, partagé par une partie croissante de la jeunesse à travers le monde.

Suzanne Kalambay Mujinga

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