Terreur à Goma : trois personnes assassinées par balles en quelques heures

La ville de Goma a été secouée par une nouvelle vague de violence armée dans la nuit du mercredi 10 au jeudi 11 décembre 2025.

Trois personnes ont été tuées par balles en l’espace de quelques heures seulement, dont deux jeunes hommes abattus au quartier Mabanga Sud, dans la commune de Karisimbi. Un climat d’inquiétude et de consternation s’est installé parmi les habitants, alors que la ville sortait d’une période de deux mois sans incidents liés aux armes à feu.

Deux jeunes abattus en rentrant d’une buvette

D’après des sources locales concordantes, les deux jeunes garçons, identifiés sous les noms de Mwangabuyi et David, ont été fauchés par des hommes armés non identifiés aux environs de 23h. Les victimes revenaient d’une buvette où ils avaient suivi le match de Ligue des champions européenne opposant le Real Madrid à Manchester United.

Les témoignages diffèrent encore sur les circonstances exactes du drame.
Selon certaines personnes présentes, une dispute aurait éclaté entre les victimes et leurs agresseurs juste avant les coups de feu. D’autres sources, en revanche, évoquent une attaque délibérée et sans sommation, suggérant un possible règlement de comptes orchestré par des assaillants qui auraient suivi les jeunes jusqu’à leur point de chute.

Dans tous les cas, la tragédie est immense : deux vies fauchées prématurément, deux jeunes connus et appréciés dans leur communauté. L’émotion est vive à Mabanga Sud. Les proches décrivent des garçons prometteurs, « pleins d’avenir », dont la disparition laisse un vide profond.

Selon plusieurs habitants, l’une des victimes travaillait comme chauffeur pour une ONG opérant dans la région, sans que le nom de l’organisation ne soit encore dévoilé.

Un contexte sécuritaire de nouveau fragilisé

Ces assassinats surviennent dans un contexte particulièrement tendu. La ville de Goma avait pourtant observé une accalmie notable, marquée par plus de deux mois sans coups de feu ni morts par arme à feu, une situation saluée par les autorités urbaines comme un signe d’amélioration sécuritaire.

Mais cette série de meurtres remet brutalement en question cette sensation de répit.

Quelques heures avant le double assassinat de Mabanga Sud, un autre homicide avait déjà ébranlé Goma : l’assassinat de Magloire Paluku, cadre influent de l’AFC-M23, abattu devant le portail de son domicile alors qu’il revenait d’une conférence de presse à l’hôtel Serena. Les enquêtes se poursuivent, mais les observateurs évoquent un regain d’instabilité à l’approche des fêtes de fin d’année.

Appels pressants au renforcement de la sécurité

Face à cette flambée de violence en une seule nuit, plusieurs voix s’élèvent pour dénoncer la fragilité persistante de la sécurité urbaine et réclamer des mesures urgentes. À moins de trois semaines des festivités de Noël et du Nouvel An, de nombreux habitants craignent que la situation ne s’aggrave, compromettant la quiétude des familles et la circulation dans la ville.

« Nous pensions que Goma retrouvait la stabilité. Mais ce qui s’est passé cette nuit nous rappelle que la menace reste permanente », confie un notable du quartier.

Les autorités provinciales sont ainsi appelées à intensifier les patrouilles nocturnes, renforcer la surveillance des quartiers sensibles et accélérer les enquêtes pour faire toute la lumière sur cette série d’assassinats.


Ivan Kambere à Butembo

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