Un climat de consternation et de tension règne à Goma après l’assassinat, mercredi 10 décembre 2025 dans la soirée, de Magloire Paluku, figure influente de l’Alliance Fleuve Congo (AFC/M23) et personnalité bien connue du monde culturel et médiatique de la région.
Un assassinat ciblé devant son domicile
Selon plusieurs sources concordantes contactées à Goma, Magloire Paluku a été criblé de balles par des individus armés non identifiés, alors qu’il s’apprêtait à atteindre la porte de sa résidence, située dans un quartier populaire de la ville. L’attaque a été fulgurante : les assaillants auraient ouvert le feu à bout portant avant de disparaître dans la nuit.
Transporté en urgence à l’hôpital général de Goma, le cadre rebelle aurait succombé à ses blessures quelques minutes plus tard. Sa famille n’a pour l’instant publié aucune déclaration officielle.
Une personnalité aux multiples casquettes
Magloire Paluku n’était pas seulement un cadre politique. Journaliste, éditorialiste, poète et homme de culture reconnu, il était également directeur de la radio Kivu 1, média suivi dans la région pour son travail de proximité.
Au sein de l’AFC/M23, il occupait ces derniers mois la fonction de conseiller en charge de la culture et de la communication au sein de la coordination politique. Son influence s’était renforcée depuis la montée en puissance du mouvement sur plusieurs fronts dans l’Est du pays.
L’AFC/M23 dénonce un “acte criminel” et annonce l’ouverture d’enquêtes
Dans un communiqué publié dans la soirée, l’Alliance Fleuve Congo a confirmé la mort de son cadre et condamné un assassinat qualifié d’“acte criminel”.
« C’est avec douleur et consternation que l’AFC/M23 annonce le décès du camarade Magloire Paluku, conseiller en charge de la Communication au sein de la Coordination Politique, arraché à la vie dans des circonstances tragiques ce mercredi 10 décembre 2025 », indique le document.
Le mouvement affirme avoir lancé des investigations internes pour identifier les auteurs et les circonstances exactes de cette attaque, laissant entendre un possible règlement de comptes ou un assassinat politique.
Une mort qui relance les interrogations sur l’insécurité à Goma
L’assassinat de ce cadre intervient dans un contexte régional déjà explosif, marqué par les affrontements entre les FARDC et la rébellion AFC/M23, ainsi que par une recrudescence des attaques ciblées dans la ville de Goma. Plusieurs observateurs locaux craignent que cet homicide n’alimente davantage les tensions.
Les autorités provinciales n’ont pas encore réagi publiquement. Mais sur les réseaux sociaux, de nombreux journalistes, militants culturels et sympathisants du mouvement ont exprimé leur choc et leur indignation.
Un vide dans le paysage culturel et politique local
À travers ses éditoriaux, ses chroniques et ses prises de position publiques, Magloire Paluku s’était imposé comme une voix singulière dans le débat public congolais. Sa disparition brutale laisse un vide énorme, tant au sein de l’AFC/M23 que dans le monde culturel de Goma.
Des hommages spontanés ont commencé à être publiés dans la nuit de mercredi à jeudi, témoignant de l’impact que cette figure avait sur de nombreux Congolais.
Ivan Kambere à Butembo
